Entre concret et techno : la production locale présente sur tous les territoires

« Il nous faut rapprocher les consommateurs des modes de production, c’est un véritable enjeu dans cette mondialisation qui prend de l’ampleur » introduit Thierry TENE, spécialiste de croissance verte et de social-green business.

 

C’est ce que s’efforcent à faire trois entrepreneurs qui oscillent entre la pratique du terrain et l’apport des nouvelles technologies.

 

Thomas DIEZ, l’initiative Fab City

 

2024. Année pour laquelle, l’espagnol Thomas Diez, souhaite des villes 100% autonomes, c’est à dire qu’elles consomment tout ce qu’elles produisent. Cela passe par une indépendance énergétique, alimentaire, et des productions locales.

 

Alors que son projet paraissait utopiste, cet ambitieux a lancé le défi au maire de Barcelone en 2014. Le Fab City Global Initiative est né.

Conscient que le changement climatique attendu est très grave et que le pouvoir de changer les choses dans les villes est entre les mains de quelques personnes : Thomas Diez veut inscrire son projet autour de l’efficacité dans la durabilité.

FabLab promeut l’idée que la fabrication et la formation soit accessible à tous, tel un incubateur géant. Pour exemple, un dessin numérique va être réalisé grâce à des produits locaux, accompagné d’outils numériques et cela dans une infrastructure FabLab. On trouve aujourd’hui 1500 labo dans le monde.

 

Ce résultat non-déméritant, est dû à « l’opportunisme » souligne le barcelonais et à la force de conviction auprès des élus. Preuve en atteste 28 villes ont aujourd’hui rejoint le concept.

 

Le 21ème siècle est celui de « la relocalisation de la production » et « il est possible de calibrer la production humaine pour la rendre plus humaine » n’oublie pas de mentionner l’entrepreneur.

 

Un avenir alimentaire durable : l’exemple africain

 

Avec 1,2 milliard d’habitants, l’alimentation est un enjeu majeur en Afrique. C’est bien la conviction d’Hector Banda contribuant à la prévention de la malnutrition et commercialisant des produits locaux, comme la soupe de Moringa.
L’angle important, de son entreprise est l’éducation : que ce soit les consommateurs ou les producteurs. Le groupe Sylva instruit 90% de femmes qui sont en fait les piliers de l’alimentation sur le continent.

Il n’est pas nécessaire d’organiser la production : tout se trouve « sur place ».

 

Grâce à la formation, les produits disposent d’une vraie valeur qualitative et d’une utilité qu’on ne pouvait trouver avant : « L’important est de se nourrir et de ne pas se remplir l’estomac ». Qui dit qualité, dit santé améliorée.

Il est important de mentionner les nombreuses créations d’emplois générées grâce à cette initiative.

 

Aussi, Hector Banda n’oublie pas l’impact social. La situation économique évolue et change, il faut donc veiller à l’avant et l’après.

 

Le patron de Sylva Group a reçu de nombreux trophées et récompenses pour la formation de plus de 21 000 fermiers (à travers la Tanzanie, la Mozambique, et la Zambie) et il a donc plus jamais conscience que « la nourriture est importante dans la vie des Hommes ».

 

La plus grande entreprise coopérative au monde : le groupe basque Mondragon

 

Inigo Albizuri, de la coopération Montdragon, qui s’étend de l’électroménager aux banques et regroupant 289 entreprises pour 93 700 salariés, souhaite que « l’humanité se mette en marche ». Un seul ingrédient pour lui : la compétitivité.

Il faut donc que la coopération se mette au centre de l’acte afin d’avancer ensemble. Les entreprises sont le cœur du réacteur, elles doivent faire « parti du système, tout en ayant des buts différents ».

En outre, l’ouvrier doit se sentir réellement propriétaire, de son industrie, cela passe par maintenir des salaires corrects et stimuler la production locale.

 

En effet, ne pas dépendre d’un financement extérieur afin de posséder sa production est un élément clé dans l’indépendance de son petit commerce.

L’entrepreneur résume son idéologie par le triangle de l’innovation : l’éducation des enfants, l’investissement et la productivité.

 

Nous avons besoin « de solidarité et d’aimer notre production ; pourvu qu’elle soit locale » affirme en guise de conclusion, l’espagnol Inigo Albizuri.

 

Ainsi « Produire localement et être connecté globalement » semble être le leitmotiv de ces 3 entrepreneurs et plus généralement de ce World Forum.

 

Arthur CORMAN