11B – La fin du territoire contre le global : la solidarité face au changement.

Dans un contexte globalisé et alors que les entreprises se trouvent face à de grands défis, comment considérer les territoires en tant qu’éléments clé dans leurs théories de l’économie du futur ? Leur développement passera par une inclusion, et ainsi une évolution commune.

Le changement. Voilà le principal sujet de la plénière d’ouverture du World Forum de Lille.
Ainsi Max Koeune, Judy Wicks et Rob Hopkins étaient donc réunis sur scène afin de nous parler du thème de cette édition 2018 : la nouvelle donne mondiale concernant les entreprises et les territoires.  

Coopération, adaptation, efficacité.

Tels étaient les mots d’ordre de cette première conférence, regroupant trois profils différents, mais engagés. Tous sont persuadés d’une chose : il faut œuvrer et être porteur de projet dans le domaine du développement économique et durable. Des communautés d’intérêts doivent être créées, afin de partager, analyser, et avancer vers un développement intelligent.  
Une véritable interaction pouvait s’opérer entre le public et les intervenants, avec pour objectif de répondre aux diverses interrogations et pouvoir lancer des discussions ciblées. Les sujets phares étaient donc les questions de coopérations entre les entreprises et les territoires et les conditions de réalisation de celles-ci.

La question environnementale.   

«Le business est beau lorsqu’il y a des relations avec des gens, mais aussi avec la nature» -Judy Wicks.
Tout d’abord la co-fondatrice de l’Alliance d’entreprises pour des économies locales vivantes (BALLE) et fondatrice d’un restaurant bio et locavore à Philadelphie a donné le ton, avec une citation appuyant sur la nécessité des économies locales. Dénonçant par la suite les anomalies des industries à grande échelle, cette dernière a fait part d’une opinion inspirante sur ses idées de business, dont le but est de s’inscrire dans la durée.
A travers son expérience, elle prouve qu’il est possible d’avoir une évolution prospère, au sein d’économies à la fois locales et durables. Son discours se veut être un exemple pour l’entrepreneur moderne dans les pays développés.

Une production et des circuits localisés.

Ce sont sur les problématiques du climat et de production que Rob Hopkins, initiateur du mouvement international des villes en transition s’est exprimé.
Dans les objectifs de son mouvement, nous retrouvons celui d’enseigner la culture de légumes notamment, et ce même en ville, afin de permettre de se nourrir seuls et d’intégrer cela à notre quotidien.

Le réchauffement climatique fut aussi abordé, avec comme fin de réduire au maximum les émissions de gaz à effet de serre des foyers. Face à ces nouveaux défis, il propose d’aider les individus à réduire leur consommation d’électricité et d’eau, mais aussi leurs déchets, le tout reposant sur une collaboration entre voisins. Valeur que l’on retrouve dans son développement de cafés dits «participatifs» où les principaux acteurs sont ceux qui les fréquentent et non le personnel.
A travers son discours optimiste, Rob Hopkins nous fait réfléchir sur la nécessité d’agir et de s’inspirer de différentes pratiques. La diversité de modèles qu’il présente montre que les solutions sont multiples.

«Passer de multinationales à multi-locales» : une mutation nécessaire.

Alors que les industries sont aujourd’hui globalisées, Max Koeune livre un troisième et dernier témoignage saisissant. Président du groupe alimentaire McCain Foods Limited, son implication dans le développement de productions locales et responsables est tangible.
Attaché aux rendements, mais aussi à la qualité et la pérennité de sa production, son exposé était principalement axé sur les partenaires locaux de l’entreprise et les techniques utilisées.
Tandis que les campagnes sont désertées par les agriculteurs, l’entreprise s’emploie à travailler avec des partenaires locaux implantés sur 5 continents, avec lesquels ils mettront en place des systèmes de micro-irrigation, réduisant de façon notable leur consommation d’eau. Le but est donc de s’inspirer de modèles qui marchent à l’échelle locale afin de les appliquer dans une plus grande mesure. Il prouve que les plus grandes transnationales sont volontaires afin de transiter vers une agriculture plus écologique et locale.

Au cœur du changement.

Aujourd’hui, chaque entreprise est confrontée à des transformations dues aux nouvelles technologies et au réchauffement climatique et le concept de multi-acteurs est plus que jamais au cœur de ces enjeux. Il est nécessaire que les business modernes améliorent leurs relations humaines, développent leur créativité et leur conscience de l’environnement.
Il est temps d’en finir avec la fracture territoriale et d’aller vers une solidarité forte, puisqu’il est plus difficile de se développer sans acteurs extérieurs ni coopération. Nous sommes à présent dans une réelle période de transition, nécessaire et dans laquelle nous avons tous un rôle à jouer.

 

Johanna Tessier