« B Corp », catalyseur de bonnes pratiques entrepreneuriales

« B Corp », catalyseur de bonnes pratiques entrepreneuriales

Aujourd’hui, plus de 3500 entreprises mondiales telles qu’ Écosia, Nature et découverte ou encore Bjorg sont certifiées « B corp ». La signification de ce Label ? Augustin Boulot, délégué général du « B Lab », une branche locale française qui porte la voix du B corp, nous parle d’économie partenariale. Cette économie est plus durable et inclusive quant aux
parties prenantes. Elle cherche à impacter positivement la société et comprend déjà nombre d’adeptes en France.


Qu’est-ce qu’une entreprise certifiée BCORP ?

Avant de s’intéresser davantage au mouvement B corp, les entreprises ont généralement déjà un bureau de responsabilité sociétale et environnementale. Celui-ci permet aux entreprises de faire face aux différents enjeux auxquels elles sont confrontées. Pour Carole Seignovert, cheffe des responsabilités sociétales au sein de l’entreprise Valrhona, la production de cacao représente des enjeux colossaux. Cette dernière se traduit aussi par la déforestation dans le langage environnemental et le travail forcé des enfants dans le langage sociétal. Rentrer dans la communauté B corp permet aux entreprises d’améliorer leurs engagements quant à ces problématiques, tout en guidant leurs actions. Pour Camila Garcia Quijano, cheffe de la durabilité et de l’environnement chez Bledina, partie intégrante de Danone, cette certification est également une manière de saluer les engagements des salariés. C’est par ailleurs un moyen de pousser les entreprises dans leurs retranchements en termes d’ambition. Être certifié B corp, c’est recevoir une reconnaissance externe auprès des investisseurs et des clients.


Intégrer B corp : un jeu qui en vaut la chandelle ?

Pour intégrer ce qu’on appelle la communauté B corp, il faut passer par cinq étapes exigeantes. L’entreprise qui souhaite intégrer le label doit commencer par s’évaluer et mesurer son impact sociétal et environnemental. Pour cela, il faut répondre à un questionnaire gratuit, le « Business Impact Assessment » (BIA) qui permet de situer les actions de l’entreprise. Il « challenge » ces dernières qui doivent atteindre un score minimum de quatre-vingt points. Tant que ce score n’est pas atteint, l’entreprise doit poursuivre ses engagements afin de répondre aux attentes de B corp. Certains membres des comités de direction des entreprises ne sont parfois pas totalement convaincus du mouvement. Néanmoins, le questionnaire leur permet de comprendre plus en profondeur sa finalité et les avantages de B corp. Pour Valérie Doussinault, directrice générale de l’agence de communication Nikita, le BIA a changé son regard pour toutes les décisions substantielles découlant à la RSE. Vouloir intégrer B corp nécessite donc une bonne énergie et une grande motivation de la part des salariés qui s’organisent ensemble pour répondre àses critères. Une fois l’objectif atteint, l’entreprise n’a plus qu’à officialiser et célébrer cettecertification : l’entreprise pourra modifier son statut en y apposant sa nouvelle raison d’être.


Quelles bonnes raisons d’intégrer BCORP ?

« Il y en a trop ! » s’exclame Augustin Boulot. B corp permet, entre autre, de rejoindre une communauté, de faire des exercices d’introspections, de valoriser ce qu’entreprennent les entreprises, d’étudier sa structure interne ou encore d’attirer des acteurs externes. Les réponses données par Carole Seignovert et Camila Garcia Quijano sur leur accès au label sont similaires: la certification B corp est vue comme un guide pour les entreprises qui leur permet de se structurer face aux enjeux RSE. Cette certification véhicule, par la même occasion, une bonne image de l’entreprise qui fait désormais partie des plus vertueuses et responsables du marché, ajoute Valérie Doussinault. Enfin, intégrer B corp c’est aussi avoir une certaine crédibilité auprès des clients, les incitant à devenir eux aussi plus responsables.
Le mot de la fin revient à Carole Seignovert qui propose simplement aux entreprises de sauter le pas en essayant le BIA, qui n’engage à rien. Néanmoins, il les motivera surement à intégrer la communauté B corp. Tremplin pour la RSE, ce label est l’occasion pour les entreprises de suivre un mouvement prometteur.


Clara Crassar