Le business au service du social, c’est possible !

14A – Le Pouvoir des start-ups pour changer le monde : comment les entreprises s’organisent pour auto-disrupter leur modèle

 

Qui dit Ego Imperium, dit forcément « Cleanup Day » ? Alors que cette image du citoyen, seul garant de son futur est de plus en plus répandue, il est moins aisé de faire l’amalgame entre prise d’initiative personnelle et monde du business. Cependant, la récente remise du prix Nobel d’économie est venue ébranler l’idée du « business is business ». Un grand nombre d’entrepreneurs cherchent en effet à avoir un impact sur le monde en transformant leur modèle économique, afin de le mettre au service des enjeux environnementaux et sociaux.

 

Un entrepreneuriat au service de l’individu

Il est temps d’abandonner les paradigmes dominants dans l’entrepreneuriat. Eh oui, le désir de rendre les choses meilleures peut se substituer à la seule recherche de profit, pourtant clé de voûte du monde de l’entreprise. Comme le définit Gili Swary, directrice de Hackaveret (hub israélien), « l’entrepreneuriat social renvoie à des individus ayant des solutions innovantes pour faire face aux problèmes sociaux ». L’heure est aux innovations sociales, élaborées et mises en place au sein des entreprises afin de répondre à l’émergence d’enjeux sociétaux, parmi lesquels la pauvreté, la vieillesse, l’exclusion et le handicap.

« Entrepreneuriat social », « entreprise business à impact social »... Les appellations se multiplient pour décrire un phénomène en pleine expansion. Ainsi, un nouveau projet entrepreneurial sur quatre en Europe a pour leitmotiv l’action sociale.

 

Un lien dans une société toujours plus déconnectée

Maxime Dufour Photographies

Portés par la philosophie de l’Ego Imperium, les entrepreneurs ne cessent de se répéter que les petites actions ont toujours le plus grand impact. Ces actions peuvent consister à faire renaître des connexions au sein de la société civique. En effet, des problèmes sociaux existent alors que des citoyens ont, sans le savoir, bien souvent des solutions pour y faire face.

Voici le constat d’Emiliano Iturriaga, fondateur de Rutopía : de nombreux projets touristiques portés par des locaux n’aboutissent pas faute de moyens. Dans le même temps des voyageurs venant du monde entier sont avides d’expériences authentiques. Ni une ni deux, le jeune mexicain a imaginé une plateforme de voyage afin de mettre en lien ces acteurs complémentaires.

Dans la même veine, la start-up Stirrup, créée il y a un an par Delphine Barthe, capte des logements vacants auprès des professionnels de l’immobilier pour en faire des logements tremplin destinés aux sans-abris. Le secret de ces projets aboutis ? Selon Gili Swary, la réponse repose sur deux piliers, que sont la volonté individuelle et le soutien de l’État : leurs entreprises n’auraient pu voir le jour sans l’aide du gouvernement ou de grands investisseurs. L’État israélien a par exemple mis en place une autorité de l’innovation dès 1974, ayant pour but de soutenir des start-ups à visée sociale. Des compagnies multinationales à l’instar d’Airbnb ont également signé un partenariat avec Rutopia.

© Maxime Dufour Photographies

 

Un modèle économique durable, à l’image du monde de demain

Cet engagement engendre une transformation radicale de modèle économique et de la mentalité de ces start-ups, qui ne visent pas l’obtention de profit. Le profit de ces acteurs ? La certitude qu’une famille syrienne dort dans un lit, qu’une communauté locale mexicaine partage son repas avec un londonien parti à l’aventure ou que les transports israéliens sont bien adaptés aux personnes à mobilité réduite. Leur modèle économique est designé pour maximiser l’impact social avec un minimum de ressources. Leurs moyens d’actions sont souvent déjà disponibles et simplement réorientés au profit des plus démunis.

 

La prise de pouvoir et la mise en place d’idées peut donc bien s’unir au business. Il est temps de remettre en question nos idées reçues : chacun de nous peut devenir maître de la transition vers un monde plus durable. Les ressources pour y arriver sont largement accessibles, il suffit d’agir là où le monde vous appelle.

 

Apolline CONVAIN