Thèmes et programme

RÉVOLUTION RESPONSABLE

Partageons les solutions d’aujourd’hui aux problèmes de demain

 

Imaginez un monde où les voitures roulent sans conducteur, où des appareils volant sans pilote livrent votre courrier et vos colis.

Imaginez un monde où vos désirs, vos besoins, vos intentions d’achat sont anticipés par la collecte et le traitement de gigantesques masses de données.

Imaginez un monde où ce sont des machines qui vous conseillent sur votre épargne, qui passent directement les ordres de bourse sur les marchés, qui accomplissent mille tâches jusque-là dévolues à des compétences humaines.

Imaginez un monde où les objets sont connectés entre eux, où les robots se réparent eux-mêmes, où les ordinateurs se programment et se développent tout seuls, où l’intervention humaine devient superflue dans la plupart de ces opérations.

 

Imaginez… Non, n’imaginez pas : tout cela est réel. Tout cela est opérationnel ou en voie d’expérimentation avancée. Ce monde existe, c’est déjà le nôtre. Et ce qui s’annonce pour demain est encore d’une bien plus grande ampleur que ce que nous constatons ou pressentons aujourd’hui.

Neurotechnologies, biologie de synthèse, nanomatériaux, triomphe de l’intelligence artificielle, voire transhumanisme : les bouleversements amorcés sont vertigineux. Nous ne sommes plus dans une de ces périodes de transition qui ont jalonné notre histoire. Nous vivons une révolution comme notre monde n’en a connu qu’un tout petit nombre au fil des siècles, mais jamais avec une accélération d’une telle intensité.

Cette révolution n’est pas sans danger. Des personnalités de divers horizons en dénoncent les menaces. Le célèbre physicien Stephen Hawking estime même que « le développement d’une intelligence artificielle complète pourrait mettre fin à l’humanité ». Il précise cependant que cette intelligence artificielle pourrait être « soit la meilleure, soit la pire des choses jamais arrivées ».

 

La meilleure ou la pire des choses ? Telle est la question qui sera au coeur du 11ème Forum Mondial de l'Economie Responsable (World Forum for a Responsible Economy) les 17, 18 et 19 octobre 2017.
Cette révolution porte effectivement des risques majeurs qui peuvent engendrer des périls extrêmes. Mais elle pourrait, au contraire, s’ouvrir sur des opportunités prometteuses et permettre, notamment, d'apporter des solutions nouvelles aux deux grands problèmes de notre époque présents en permanence dans les travaux de notre Forum: l'un, environnemental, fortement marqué par le changement climatique; l'autre, social avec la persistance, voire l'aggravation des déséquilibres et l'exclusion de nombreuses populations.
Le meilleur ou le pire... L’orientation dépend de la responsabilité que nous sommes capables d’exercer, individuellement et collectivement. Même si le mot « défi » est quelque peu galvaudé, il nous semble approprié, ici, pour qualifier cinq enjeux (entre autres) de cette révolution que nous souhaitons responsable et qui seront au sommaire de notre 11ème édition:

 

  • Le défi des chocs technologiques. L’intelligence artificielle, jusqu’où ? Quelles sont (et seront) les conséquences de son expansion sur le travail, sur l’emploi, sur l’organisation de la société ? Bref, dans un monde où l’intelligence artificielle tend à l’omniprésence, quelle est la place des femmes et des hommes ?

 

  • Le défi du savoir et de la compétence. Faut-il revoir fondamentalement nos systèmes d’éducation et de formation ? Comment assurer, avec les nouveaux outils disponibles, l’acquisition et la transmission des connaissances et des aptitudes tout en s’adaptant en permanence à des changements fulgurants ?

 

  • Le défi géostratégique des nouveaux équilibres. Quelles sont les conséquences des écarts de développement économique et démographique ? Comment les mouvements migratoires peuvent-ils évoluer en conséquence ? Quelles sont les incidences des inégalités entre les pays et comment influencent-elles les relations Nord-Sud, notamment entre l’Europe et l’Afrique ? Quels sont les types d’entreprises qui contribuent à l’essor des pays émergents ?

 

  • Le défi des nouveaux modèles entrepreneuriaux. Comment se transforment l’organisation des entreprises et les modes de management ? Comment mobiliser les salariés sur la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) ? Comment apparaissent et croissent de nouvelles formes d’entreprise et de nouvelles formes de travail ?

 

  • Le défi du bien commun. Quel est le rôle des différents acteurs dans la transformation de la société ? Les pouvoirs publics doivent-ils renforcer les mesures contraignantes pour obliger les entreprises à assumer plus de responsabilité sociétale ? Ou, au contraire, les entreprises doivent-elles intervenir davantage dans la vie politique pour peser sur les conditions d’exercice de leurs responsabilités ? Comment la prise en compte de l’intérêt de toutes les parties prenantes peut-elle concourir au bien commun ?


La preuve par les bonnes pratiques… Selon le principe adopté par le Forum depuis son origine, il ne s’agit pas, pour nous, de discourir sur ces défis en proposant des réflexions théoriques sur l’avenir : notre parti pris reste de présenter des bonnes pratiques issues des cinq continents, constituant autant d’exemples concrets que nous espérons contagieux.
Cette fois, cependant, l’application de ce principe peut paraître incongrue : comment illustrer par des bonnes pratiques en vigueur aujourd’hui les solutions qui devront être trouvées pour les problèmes de demain ?
Il n’y a pas là de véritable paradoxe ni d’objection insurmontable. D’une part, les phénomènes évoqués en introduction de cette note montrent que bien des bouleversements sont en cours, clairement engagés : ils ont déjà donné lieu à des initiatives d’entrepreneurs responsables qui forment là une première série de bonnes pratiques.

D’autre part, de nos jours, comme de tout temps, se manifestent des précurseurs qui anticipent les mouvements pressentis. Ils ont, en quelque sorte, une (ou plusieurs) bonne(s) pratique(s) d’avance. L’avenir désignera, bien sûr, ceux qui, parmi ces précurseurs, auront été véritablement visionnaires. Mais leurs actions peuvent constituer des réponses aux défis et elles méritent, à ce titre, d’être partagées.

 

Responsabilité universelle… La responsabilité se veut aussi universelle que l’est la révolution des technologies, des comportements, des entreprises ou des organisations. C’est pourquoi les bonnes pratiques balisant la voie à suivre doivent venir de partout, de tous les continents, de tous les pays. Mais il importe aussi qu’elles représentent les entreprises – au sens le plus large du mot – dans toute leur diversité : quels que soient leur statut, leur taille, leur secteur d’activité.

Les grandes entreprises sont, certes, les plus en vue, pouvant mener des actions de forte ampleur, aisément repérables. Notre Forum leur a toujours donné la place qu’elles méritent et le fera encore pour sa 11ème édition. Mais nous tenons tout particulièrement cette année à mettre en valeur les entreprises petites et moyennes qui sont trop souvent les oubliées des grands rendez-vous internationaux. Elles foisonnent dans toutes les régions du monde et certaines sont aux avants-gardes de cette révolution que nous espérons responsable. Avec elles, aussi, nous pouvons prendre… un temps d’avance.