Entreprises et citoyen-consommateur : à la recherche de la confiance perdue ?

Partout dans le monde, les tensions autour des inégalités s’accroissent. Réelles ou perçues, ces inégalités touchent en grande partie l’enjeu du partage de la valeur dans les entreprises. Ainsi, 14,7 % de la population française considérée comme pauvre, soit un niveau au plus haut depuis la fin des années 1970. Par ailleurs, le sondage Ifop pour Synopia révèle que 83 % des Français estiment que le partage des richesses produites par les entreprises avec ses parties prenantes n’est pas équitable. Le lien de confiance entre les citoyens et les entreprises semble, à bien des égards, distendu.


Les pouvoirs publics, en France et à l’international, commencent à prendre la mesure du problème. Les objectifs de développement durable (ODD) élaborés par l’ONU dans le cadre de l’Agenda 2030 visent la transformation de l’environnement économique et de la société mondiale. En France, la loi Pacte s’inscrit dans cette dynamique de transformation en faisant de la RSE un vecteur de performance globale des entreprises et en ouvrant la voie à la « raison d’être des entreprises ». La récente initiative B4IG (Business for inclusive growth) initié par l’OCDE et défendue par le Président Emmanuel Macron lors du dernier G7 à Biarritz, illustre aussi la volonté des acteurs politiques de favoriser par le soft power l’émergence d’une économie plus responsable, plus inclusive, plus équitable.
Les entreprises sont à une période charnière de leur histoire : le modèle de Milton Friedman est remis en question, et la crise de la COVID-19, tel un catalyseur, accélère la nécessité de prise en compte de ces changements. Comment réussir cette transformation et restaurer le lien de confiance entre le citoyen et l’entreprise ? Et comment mesurer cette transformation de manière objective et lisible pour le citoyen ?