Picking up trash, a simple gesture that can have a huge impact

11A- Opening plenary - EGO IMPERIUM - I have the power to change the world

Face to face with Heidi Solba

 

Heidi Solba is a proud mother of 4 children and a devoted grandmother from Estonia.

A protective person who is today the president of Let’s Do It! World, an organization dedicated to environmental protection and dealing more specifically with the human’s waste. She is also  the initiator of the World Cleanup Day,project born in 2018. The World Cleanup Day happens on a 24hour period, where people gather to pick up trash across the globe. 

This year’s edition took place on the 21st of September, started from Fiji and crossed all the time-zones to end up in Hawaii. Over 20 million individuals were involved in 180 countries to collect trash. Much caffeine must have been needed for her on that day …: “I was awake for 36 hours during the World Cleanup Day. I was in tears when I received all the photos and videos of the event and realized the fellowship existing across the world.”                                                                       A trying day for her that was filled by many emotions and hope for the future. After a 2nd edition that was even more successful than the first one, Let’s Do It! World’s president is very ambitious for the years to come. She is already preparing herself for the next edition and wants even bigger scores. Her team hopes to reach implication numbers that go from 5 to 10% of the national populations. 

Even though they claim themselves as an apolitical organization, Let’s Do It ! World is starting to work more and more with governments to make things move. They also have strong confidence in local waste centrals and smaller organizations. Heidi, perfectly fitted in the ego imperium theme, believes that anyone can make a difference. Every gesture counts, there is no action that has no impact. “We believe that small, big or great ideas can make the change in the world.” Everyone is responsible for the climate change and anyone can take action and have a positive impact. She trusts the youth and perceives the newer generations as the change-makers. They are the ones that consume massively ,but are most importantly the ones that can reduce their consumption and be the essence of alternative ideas and actions. 

A sentence in her speech caught my attention: “Positive energy is attractive to positive energy”. What did she mean by that?                                                                                                                        Mrs. Solba is convinced that the World Cleanup Day acts like a virus. A positive virus that will spread itself across the planet. Acting as a role model shapes the personal behaviors and will also influence other people’s actions over time. Small actions can create huge virtuous cycles. She cherishes the idea that a person participating to the World Cleanup Day will never be littering again. 

Heidi engages herself to keep on being dedicated to the World Cleanup Day. She desires to expand the concept in as many countries as possible and carries a very optimistic view on the “positive virus”.

 

Logan GUM
@GumLogan

 

Bertrand Piccard, histoire d’un pionnier

11-A | Plénière d'ouverture - EGO IMPERIUM - J'ai le pouvoir de changer le monde

Bertrand Piccard, psychiatre et aventurier suisse mais aussi et surtout initiateur du projet Solar Impulse, a créé le premier avion solaire autonome. Récemment chargé de représenter la société civile au G7 Biarritz, il voyage et travaille partout dans le monde, dans le but d’inspirer le changement et de trouver des solutions.
Invité d’honneur de cette treizième édition du World Forum, son parcours est l’incarnation même de l’« Ego Imperium : j’ai le pouvoir de changer le monde ».
Retour sur cette personnalité inspirante qui nous donne, dans une conférence d'ouverture, les clés pour faire partie du changement.

 

De l’ambition à l’action : l’aventure Solar Impulse


Issu d’une famille d’inventeurs depuis trois générations, il se devait de reprendre le flambeau. Tout commence en 1999 lors qu’il décide d’entreprendre « Breitling Orbiter », le plus long vol en ballon jamais réalisé. Ses pairs croyaient son projet impossible. Tenace et créatif, il n’hésite pas à sortir des sentiers battus, à « changer de paradigme » pour surmonter toutes les difficultés de ce projet. Il charge la nacelle de 3,7 tonnes de propane pour voler de nuit. Résultat : il parcourt 45 000 km en vingt jours. Record absolu de distance et de durée de l’histoire de l’aviation ! 

 

L’explorateur est profondément insatisfait avec le monde; et veut mieux et plus. 



« Le ciel n’est pas la limite, c’est le carburant », fait-il remarquer à la salle conquise. Rien ne l’arrête ! Il cherche alors à voler sans carburant, pour aller plus loin : réaliser un « vol perpétuel ». L’idée d’utiliser le soleil comme source d’énergie s’imposait. Et la nuit, alors ? Il fallait encore trouver la solution.

Avec l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne, il réalise une étude de faisabilité relayée dans la presse internationale. Le projet n’est alors qu’à un stade expérimental, mais c’est une manière d’« être condamné à avancer ». Ils n’ont plus le choix : le monde les regarde. Devant le manque de soutien du secteur aéronautique, il part avec son compagnon d’aventure et ami, l’ingénieur André Borschberg à la recherche de compétences et de financements ailleurs. C’est finalement un chantier naval, des compagnies d’assurances, du digital, même une maison champenoise qui porteront le projet. Avec un budget de 170 millions d’euros réuni en quinze ans, le duo réalise un tour du monde de 40 000 km. Ils vont à la rencontre des dirigeants du monde entier, leur périple fait la une des JT.
Après plus d’un an et demi d’aventure, l’avion atterrit à Abou Dhabi, le 26 juillet 2016. Ce succès du projet ne marque qu’une étape pour l’équipe de Solar Impulse, qui veut aller plus loin et créer une dynamique de changement. Il faut rappeler que l’objectif n’était pas l’avion, mais la création d’un « symbole » : des technologies plus efficientes sont là, elles n’attendent qu’à être banalisées, généralisées.



La Fondation Solar Impulse lance alors le projet #1000solutions qui délivre un label. Trois critères : crédibilité, respect de l’environnement, de notre santé et rentabilité financière. Il sort du clivage croissance économique/écologie : recenser les bonnes pratiques, c’est aider les gouvernements à remplir leurs engagements environnementaux en « parlant leur langage » celui des emplois, de la stabilité, des contraintes. Bertrand Piccard nous propose une troisième voie : celle de la croissance qualitative.


Sa philosophie : pour changer le monde, il apprendre à penser autrement



Piccard ne rime pas avec Icare ! Il nous propose une transition écologique pragmatique où les intérêts de chaque acteur sont considérés pour « réussir à parler le langage de ceux que l’on veut convaincre ». Par l’empathie, le dialogue, on peut atteindre un compromis pour créer des sociétés à l’impact environnemental optimal. Car le changement ne se produit pas entre convaincus, mais est le fruit de la confrontation entre différents mondes qui se parlent peu. Il faut trouver des intérêts communs, faire des « win-win deal » pour que 1 et 1 fassent 3 : « Lui, moi et nous deux. » Autrement dit, l’union d’expériences différentes fait la force. Accepter l’altérité, c’est souvent difficile mais fertile et libérateur.

Pour mieux le comprendre, notre savanturier reprend l’image du ballon qu’il connaît bien : prisonnier du vent, on ne choisit pas sa direction. La seule façon de le faire, c’est de changer d’altitude. Comment ? En lâchant du lest.
Et cela s’applique au quotidien : face à une situation imprévue, incontrôlable, on peut choisir de la subir ; ou choisir d’être acteur en changeant de « paradigme », en laissant ses peurs, certaines convictions qui nous maintiennent dans des schémas préconçus. Devant un nouveau sujet, notre première approche est souvent conditionnée, rarement intuitive. 

Et vous ?


Inutile de construire un avion, le message de Bertrand Piccard prône avant tout un changement de mentalité. Sortir de la ligne droite, des dogmes pour tenter d’intégrer d’autres visions du monde.  Pensez à un rêve, même celui que vous pensiez avoir oublié et lancez-vous ! On vous dira que c’est impossible et c’est bon signe. Vous êtes sorti du paradigme. Le chemin sera long, mais votre vie trouvera son sens. Il suffit d’un seul soutien pour vivre une grande aventure. 

 

Alors soyez comme Dumbo ! Avoir des oreilles qui touchent le sol, c’est handicapant, mais vous apprendrez à en faire des ailes ! Cela peut vous faire sourire, mais c’est bien le programme de Bernard Piccard. Transformer ce qui apparaît comme le problème en solution.

 

Naomi Ouattara

L’Ego Imperium : se changer soi-même, la clé d’un monde plus durable

Session 11A - plenière d'ouverture EGO imperium - j'ai le pouvoir de changer le monde

 

« Il n’y a pas de petits engagements, de petites actions. Ce qu’il faut, c’est que chacun apporte sa contribution ». En ouvrant la plénière de cette treizième édition du World Forum, Philippe Vasseur, à la tête de rev3, met les points sur les « i » : les changements de demain ne viendront pas des gouvernements mais bien de l’éveil des citoyens. Néanmoins, l’équation entre actions individuelles et impact sur le monde ne peut avoir lieu sans une modification de nos propres manières d’être et d’agir… 

 

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5 bonnes raisons de participer au World Forum 2019

Chaque année depuis 2007, le World Forum for a Responsible Economy invite des intervenants du monde entier à venir partager leurs idées et présenter de nouveaux modèles économiques plus durables pour donner envie aux entrepreneurs de s’engager pour une économie responsable.

 

Le World Forum est un événement fantastique qui implique totalement le territoire dans l'économie responsable et lui donne une longueur d'avance pas seulement en France mais dans le monde entier.

Pr. Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix 2006, Bangladesh.

 

 

 

 

Voici 5 bonnes raisons de participer au World Forum 2019 !

 

01. Découvrez comment impulser la transformation de votre entreprise

Le World Forum est un moteur actif de la démarche d’innovation des entreprises. Il donne de nouvelles perspectives aux chefs d’entreprises et leur permet de découvrir de nouveaux modèles plus durables grâce aux thèmes qu’il aborde, aux contenus qu’il propose, à ses intervenants et à ses modes d’animation.

 

02. Entrez en connexion avec les territoires

Déclencheur, accélérateur et vitrine de projets structurants en région, le World Forum participe à la mobilisation des acteurs régionaux, indispensable à la réalisation concrète de grands projets.

En 2012, rev3 a transformé les Hauts-de-France en territoire pilote des mutations économiques sous l’impulsion de Jeremy Rifkin. En 2014, SoBizHub a ancré le territoire dans la dynamique mondiale du social business grâce à Muhammad Yunus. En 2018, avec B Corp en région, le World Forum a fait de Réseau Alliances le relais pour les entreprises régionales qui souhaitent mettre en place une économie responsable.

 

03. Profitez de 25 ans d’expertise terrain

Depuis 25 ans, Réseau Alliances, organisateur du World Forum, fédère un réseau de 350 entreprises de la région engagées dans une économie responsable avec pour mission de les accompagner dans toutes leurs démarches RSE. Cette expertise permet à Réseau Alliances d’être toujours à la pointe des attentes des entreprises et d’être au plus proche de leurs préoccupations lors du World Forum et tout au long de l’année.

 

04. Venez écouter des intervenants du monde entier

Grâce au travail d’une cinquantaine de correspondants répartis aux quatre coins du monde, des intervenants experts viennent à votre rencontre lors du World Forum.

Nous donnons également la parole aux entrepreneurs du monde entier. Du PDG de grand groupe à l’entrepreneur innovant, le World Forum les invite à partager le succès de leur engagement pour une économie responsable.

 

05. Faites entendre votre voix

Le World Forum est un événement collaboratif. Il est coconstruit tout au long de l’année en intégrant l’ensemble de ses parties prenantes aux réflexions. Les formats des sessions sont pensés pour dynamiser des modes d’animations collaboratifs et nous encourageons la participation du public aux temps forts de l’événement.

 

EGO IMPERIUM - J'ai le pouvoir de changer le monde

 

En 2019, le World Forum for a Responsible Economy, revient pour sa 13e édition :

Le World Forum c’est le rendez-vous annuel d’inspiration à la RSE ! En douze éditions, il a démontré, au travers d’exemples concrets, que la performance économique peut être assurée et améliorée par une approche plus respectueuse des Hommes et de l’environnement.

Mobiliser des acteurs économiques régionaux et faire émerger des projets ambitieux, c’est aussi la mission du World Forum qui a permis d’impulser la Troisième Révolution Industrielle avec Jeremy Rifkin ou le Social Business en Hauts de France grâce à Muhammad Yunus.

Au programme de cette 13e édition, un mot d’ordre : l’engagement !

Parce que nous sommes convaincus que le changement passera par l’individu, nous vous donnerons, durant ces 3 jours, toutes les clés pour vous permettre de révéler votre pouvoir de changer le monde.

 

J'ai le pouvoir
de changer le monde

15-16-17 octobre2019 à Lille

 

Venez rencontrer les acteurs économiques de la transition écologique et sociale, assistez à des conférences internationales et des ateliers de mise en pratique pour ainsi révéler votre pouvoir !

 

J’ai le pouvoir d’exercer différemment mon métier
J’ai le pouvoir de changer ma façon de faire du business
J’ai le pouvoir de réduire mon impact environnemental
J’ai le pouvoir de consommer localement
J’ai le pouvoir de me déplacer autrement
J’ai le pouvoir de m’impliquer pour mon territoire
J’ai le pouvoir de recruter différemment
J’ai le pouvoir de m’investir dans une association
J’ai le pouvoir de favoriser le bien-être au travail
J’ai le pouvoir de transmettre mes compétences

J’ai le pouvoir …. de changer le monde !

                


 

Pour suivre l'actualité de l'événement, l'avancée du programme
et l'identité de tous nos invités abonnez-vous à la newsletter

Ouverture des inscriptions très prochainement

 

 


 

Les premières têtes d'affiches de cette 13e édition  ....

 

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Heidi SOLBA | Let's Do It! World (Estonie)

Représentante mondiale du World Cleanup Day, initiative portée par Let's Do It! World, elle est la porte-parole de cette journée mondiale du nettoyage de la planète.

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Bertrand PICCARD | Solar Impulse (Suisse)

Premier à avoir fait voler un avion sans carburant, il ambitionne de sensibiliser le public et d’encourager l’action politique en faveur des technologies propres.

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Dale DOUGHERTY | Maker Faire (Etats-Unis)

Fondateur de Maker Media et de Maker Faire, il est considéré comme le père du mouvement des Makers, communauté issue de la culture DIY.

 

Epilogue – Pour une glorieuse épitaphe

C’est avec la clôture que vient le temps de la réflexion. Après trois jours de conférences et de rencontres à travers la Métropole, les portes de la Chambre de Commerce et d’Industrie se sont fermées sur ce qu’était le 12ème World Forum Lillois. Les couloirs se sont vidés des conférenciers, hauts dignitaires, des entrepreneurs et des étudiants ; et sitôt le discours de fin achevé, tous se pressaient vers leurs trains vélos ou taxis.

A la CCI et au Nouveau Siècle, la scène et les stands ont disparu aussi rapidement qu’ils étaient apparus. Jeudi soir, la nuit et la pluie du Nord ont doucement éteint la flame du World Forum 2018.

Mais nous aurions tort de penser que son histoire s’est achevée par la clôture du forum, ou qu’elle commença mardi matin. La troisième révolution industrielle ne se limite pas à un lieu, une ville, une région où à une semaine. Cette édition plus particulièrement, est preuve que la révolution est plus que jamais vivante, active et universelle.

Au-delà du Forum

Le World Forum for a Responsible Economy se veut être le centre et le départ d’un monde nouveau. La communauté qui s’y rend chaque année est consciente de la gravité de l’heure et des enjeux planétaires à la clef. Le monde naturel que nous connaissons s’écroule en même temps que de nouveaux Etats émergent économiquement.

D’extérieur, cette communauté ne pourrait avoir de commun que le milieu socio-professionnel : des entrepreneurs et businessmen engagés, cherchant à échanger des cartes de visite. Derrière ce professionnalisme évident, un nouvel humanisme émerge.

Les objectifs sont mondiaux – les ODD des Nations Unies font partie intégrante de l’agenda – et la portée planétaire. Les orateurs et modérateurs proviennent du monde entier, et de toutes les sphères professionnelles possible. Ils sont ambassadeurs de leur pays et, à leur façon, représentants de toute l’humanité. Professeurs, politiciens, PDGs, agriculteurs, militants, lobbyistes, artistes… mais mus par une volonté commune d’action.

Dans les halls, restaurants et salons lillois, on a parlé de révolution. Cela fait 12 ans que l’on le dit, qu’on la pense et qu’on l’imagine. Mais en 2018 nous avons dépassé le stade de la simple réflexion : il est temps d’agir pour la société et l’environnement. Après ces années de maturation, la révolution est en route.

Retrouver le local

Dès sa conception, le world forum était déjà international par son audience et ses invités, mais il continue à grandir. En conviant des acteurs du monde de l’entreprise surtout, il s’est élargit vers des sphères plus engagées, des ONG et des associations à but non lucratives, à des projets humanistes et somme. Car tous, quel que soit leur but premier, doivent devenir responsables.

Ceux qui présentaient cette année n’étaient plus ceux qui réfléchissaient à changer leur monde, mais qui l’avaient changé et le changeait encore. Les Rob Hopkins, Vinay Jaju, Judy Wicks, Habiba Al Marashi, Philippe Barre, Paul Saginaw pour ne mentionner que certains d’une longue liste, sont les parents d’une nouvelle vision des choses.

L’idée derrière la thématique du local est primairement économique et sociologique. Promouvoir des entreprises et des projets sensibles au monde proche de celui du travail, et retrouver une sensibilité avec l’écosystème humain qui se construit autour. C’est un esprit particulier qui voit le monde comme une collection de localités qui ensemble, forment une entité plus grande. Il faut alors se concentrer sur ce glocal.

Un esprit révolutionnaire

Jusqu’alors la révolution animait les projets concrets. Mais cette édition sera à toujours marquée par le passage d’une présentation de projets, à celui d’un projet unique. Il s’est construit d’année en année une réelle philosophie à Lille. La troisième révolution est aussi celle des esprits, celle de l’éthique. Elle se caractérise par son universalité et son intemporalité.

Son universalité est telle, qu’elle transcendera certainement les époques. Si c’est la génération présente qu’elle a transformé, elle a commencé à façonner le monde futur. C’est tout l’objectif de Jeremy Rifkin, s’adressant à un public étudiant, ou des projets éducatifs présentés cette semaine.

Le projet Rifkinien est à l’œuvre : Mr Vasseur et son équipe ont réussi à convier toutes les universités des Hauts de France à la signature d’une charte. Ils font promesse de suivre l’esprit éco-responsable dans leur enseignements, pratiques et politiques internes.

Nous sommes la révolution

Enfin, pour que la révolution soit réellement universelle, il ne suffit qu’elle s’adresse à tous, mais qu’elle soit appliquée et vécue par tous. Il arrive un moment où la planète ne peut plus rien pour nous, où les gouvernements ne suffisent plus et où les discours flatteurs ne changeront rien. Philippe Vasseur, dans son préambule au WFRE 2018, parlait d’une destinée commune : le forum entier, était un appel à l’action commune.

Pour Deon Rossouw, c’est une action citoyenne avant tout, qui peut elle seule mener le changement. Il importe que la révolution se fasse du bas vers le haut. Les institutions ne pourront pas dépasser le seuil de la rhétorique si le mouvement n’est pas là. Le local doit changer pour que le monde en fasse de même. L’humanité toute entière, en peuple, est le cœur de la révolution et du changement.

Conclusion

La présence de hauts dignitaires politiques témoigne de leur reconnaissance de cet esprit. La REV3 est avant tout une philosophie humaniste et humaine. Un nouveau crédo, une nouvelle émotion qui animait les discussions autour des conférences : une foi rétablie en l’humanité.

Peut-être partageons nous le chagrin de Yann Arhus-Bertrand, et ses larmes face à l’horreur qu’est la réalité. Mais au moins, si ce n’est pas trop tard, soyons les pessimistes actifs de M. Vasseur. Nous retrouvons foi en un Homme qui reconnait ses erreurs. Nous retrouvons espoir en l’Homme qui travaille à son progrès.

Nous aimons l’Homme qui, s’il ne parviendra pas à sauver son monde, a eu le temps de se sauver, lui.

Matthieu Metivier

34A – “Act where we live, where we want and where we can”

Thursday 16:30. The time to put an end to the 12th edition of the World Forum has come. Three days during which the “super local” has dominated discussions and minds. To close this 2018 edition, Philippe Vasseur had invited a special guest: the ecologist, photographer, reporter and film producer Yann Arthus Bertrand. The closing plenary session began with the original soundtrack of “Home”, a movie realized by the latter. We can already feel the atmosphere changing.

We can all be “super-local”

Michael Shuman is the first one to take the stage: “Look, up in the sky! It’s a bird! It’s a plane! No, it’s Super-local man!” His entrance is a success: people are laughing. The co-founder of BALLE wanted to give a message to everyone in the room: we can all be super-local man and super-local woman. But for this, we have to answer to seven questions. How to be a good resident, a local consumer, an ambitious investor, a better entrepreneur, how to measure the social business, create an international partnership and be a global citizen? “If you answer to these seven questions, you will be magnificent”. A message of hope: for Michael Shuman, “everything we do is significant”.

The international is local

A hope which is supported by photos from all over the world. A gift for Yann Arthus Bertrand, which is transformed in something optimistic in the room. We are seeing people helping each other after a deadly fire in Chili, a woman getting back returnable bottles: an example of circular economy at a local level. In Melbourne, there is a movement of arrangement of urban spaces; in La Baie de la Canche a development policy is going well since 2009 as people can only travel by feet or bicycle. In India, we can see a farmer benefiting from a program for improving the productivity of local producers. People in other countries are doing “super-local”: all these actions are possible at a local level. Now, we have to take example and put in practice what we heard during those three days to do something bigger at a national and international level.

“Only love will change the world”

A picture of trees making a heart appeared on the screens. Yann Arthus Bertrand is taking place on the stage. He started by telling us the story of his life: how he became a photographer and reporter, how all the things he has seen made him loving the nature, the people and more generally the planet. He reminded us important numbers: when he began to study lions, there were 400 000, now they are less than 20 000. Elephants were 20 million at the beginning of the last century, now they are only 350 000 to live on earth: “the time we are talking now, two elephants are died”. A picture of the Kilimanjaro without snow on its top: “The Kilimanjaro’s eternal snow, no comments”. The military budget of the world is 1 800 billiard of dollars per year: “do you imagine what we could do with this budget?” asked the photographer. Yes, maybe we could save the planet. Then, he told us one thing that most people didn’t realize: fossil fuel is the first cause of climate change, but in the COP 21 report, there no mention of fossil fuel at all. “There is a kind of hypocrisy in politician discourses today”.

All these facts came with beautiful pictures. “The worst source of pollution becomes graphic and something beautiful to photograph” remarked the photographer sadly. Now Yann Arthus Bertrand had the attention of everyone in the room.

After this, it is the movie maker who stood. He decided to play some extracts from his film “Human”. The session took another dimension at this moment.

The video began with the intervention of the ancient Uruguayan president José Mujica, who spent 10 years of his life in a hole, including seven without reading one book. “That left me time to think. And this is what I discovered: life is one thing money can’t buy.” With this extract, Yann Arthus Betrand wanted to pass a message: we, as representing the whole society, have to change in order to live better. We have to be more responsible.

With the second video, Yann Arthus Bertrand decided to point the politicians directly. “Who is going to help us? The politicians? My children are dying!” is exclaiming a woman living in extreme poverty. The atmosphere is becoming grave and people in the audience are realizing how lucky they are to sit here. Misery is everywhere around us, but we are pretending not seeing it.

And that is when the ecologist decided to play an extract of his next film called “woman” that the emotion attained its paroxysm. Some people in the audience are crying in silence when hearing the story of this French woman who has been sexually aggressed and hit by a man almost ten years ago. We can clearly see that she is still destroyed by what happened to her.

The video stopped. A moment of silence is spreading in the room. Then the French ecologist, still in tears, spoke: “being ecologist, this is loving the trees, but also loving people. Only love will change the world.”

The public stood and applauded for a long time, with a lot of emotion.

The 12th edition of the World Forum closed on the words of Philippe Vasseur: “act where we live, where we want and where we can”. There is still hope in this world, but we have to wake up now.

33B - Trois étapes pour atteindre l'autonomie alimentaire

En tant que consommateurs, nos choix quotidiens ne sont pas neutres et il est important de comprendre leur portée. Nous nous sommes habitués à une alimentation carnée et à l'achat des mêmes fruits et légumes toute l'année, quelle que soit la saison. L'impact environnemental de ces habitudes et plus largement de la production alimentaire globalisée est considérable : cette dernière est responsable de 14% des gaz à effet de serre d'origine humaine. Mais un autre monde est possible, des hommes et des femmes l'inventent chaque jour en relevant le défi d'une alimentation autonome et saine en ville.

Étape 1 : Relocaliser notre système agroalimentaire

Et si nous pouvions faire pousser nos légumes et nos fruits ainsi qu'élever nos animaux en ville, plutôt que de consommer des produits issus de l'importation bien plus coûteux en énergie ?

Julien Le Net, jeune entrepreneur canadien et cofondateur de ÉAU, nous explique que son entreprise s’est donnée pour mission de développer un système de production alimentaire urbain : l'aquaponie.

Le principe est de faire cohabiter l'élevage de poissons avec la culture de végétaux : l'eau des poissons nourrit les plantes cultivées hors-sol et celles-ci filtrent l'eau qui remplit le bassin des poissons. Les principaux atouts de l'aquaponie sont qu'elle permet des économies d'eau de 80 à 90 % et nécessite 10 fois moins d'espace que l'agriculture conventionnelle.

Ces systèmes possèdent une structure énergétique entièrement passive et renouvelable permettant de produire douze mois par année légumes, fruits et poisson locaux indépendamment de l’industrie pétrochimique, des changements climatiques et de la fragilité des écosystèmes.

Ce système de symbiose naturelle existe depuis des millénaires dans les rizières d'Asie du Sud-Est, mais réactualisé, il donne l'espoir de vivre un jour dans des villes entièrement autonomes alimentairement.

Étape 2 : Soutenir des initiatives d'alimentation locale

Crêpes & Waffles, entreprise familiale fondée dans les années 1980 en Colombie devenue la plus grosse chaîne de restaurants du pays, a fait de l'autosuffisance locale et régionale un de ses principaux objectifs.

D'après le National Geographic, « si la biodiversité de la Terre était un pays, elle s'appellerait Colombie. » C'est pour préserver cette précieuse biodiversité que Crêpes & Waffles s'engage aujourd'hui à soutenir les petits paysans colombiens qui la respectent, explique Felipe Macia Fernandez, venu présenter l'entreprise de ses parents.

Il y a trois ans, celle-ci a commencé à s'approvisionner chez de petits producteurs de poivre, de cacao ou d'arracacha, leur redonnant ainsi le statut de gardiens de la terre et de la culture colombienne. La chaîne de restauration a parfois été le seul soutien financier dans la démarche de réhabilitation de paysans autrefois impliqués dans la production de coca et les cartels de drogue.

Plus récemment, l'entreprise s'est appliquée à renforcer l'économie d'une petite ville des Andes colombiennes ayant refusé l'exploitation d'une mine d'or présente sous les montagnes.

Crêpes & Waffles définit ainsi un avenir où la production alimentaire et la croissance ne s'opposent pas à la richesse du paysage.

C'est également le pari que s'est lancé Judy Wicks. Cette Américaine de 70 ans est à l'origine du Cercle des Tantes et des Oncles (Circle of Aunts and Uncles) qui accorde des prêts à taux réduit à de jeunes entrepreneurs de la région de Philadelphia. Les projets qu'elle a présentés ont tous un point commun : ils composent une économie locale et équitable. Ce réseau multigénérationnel fournit aussi aux jeunes l'aide sociale dont ils manquent en lançant leur business. Aujourd'hui, Judy Wicks a reçu de nombreux prix régionaux et nationaux et est reconnue comme l'une des personnalités les plus inspirantes de l'économie alimentaire circulaire.

Étape 3 : Repenser notre assiette

Voilà ce que propose Jacob Lewin Rukov, un jeune Danois pionnier du marché des criquets comestibles. Comme la plupart des occidentaux, l'idée de manger des insectes vous consterne sûrement. Pourtant, dans un quart des pays du monde, leur consommation fait partie du régime standard. Source importante de protéines et de vitamines, ils sont également très peu impactants pour l'environnement.

Alors que la production de viande est responsable de 15% des émissions de CO2 et de 37% des émissions de méthane dans le monde, l'élevage de criquets ne produit quasiment aucune émission et nécessite très peu de nourriture, d'eau et d'espace. Pour réduire son empreinte carbone, il est finalement plus efficace d'arrêter de manger de la viande, que d'arrêter d'utiliser le bus, la voiture et l'avion combinés !

Rukov nous montre ainsi que les choses ne sont pas gravées dans le marbre et que si nous sommes capables de repenser ce qui peut ou non arriver dans notre assiette, nous sommes capables de bien plus encore.

A nous de jouer ! 

En France, la souveraineté alimentaire en ville, ne représente que 3% du marché : une formidable opportunité de développer le local.

Notre système agroalimentaire ne devrait pas se résumer à conduire la nourriture en ville et les déchets hors de la ville. Ces entrepreneurs qui réinventent notre manière de manger sont une source d'inspiration pour l'exploration de nouveaux marchés qui soutiennent l'autonomie alimentaire des villes. Il reste désormais à chacun d'entre nous de prendre conscience de notre responsabilité de consommateurs.

Elsa Touzard