Xavier Bertrand : « Un engagement signé c’est bien, un objectif atteint c’est mieux. »

33A – Plénière de clôture : EGO IMPERIUM, j’ai le pouvoir de changer le monde

 

Homme politique français, et actuel président du conseil régional des Hauts-de-France. Xavier Bertrand était l’intervenant phare de la plénière de clôture. Il répond aux questions de l’équipe de reporters du World Forum.

 

Quel est le plus grand changement que vous avez pu observer autour de vous ?

Cela ne change pas assez vite, on ne va pas se raconter d’histoires. On est aujourd’hui engagés dans une course de vitesse. Il y a une urgence climatique qui fait qu’on ne peut pas continuer à ronronner comme le font les États, comme l’ont fait un certain nombre de collectivités. Ce que je veux dire, c’est que le vrai marqueur ce sont les jeunes. L’angoisse des jeunes, l’inquiétude des jeunes qui voient que les 10 années qui viennent vont être déterminantes. L’avantage du World Forum c’est qu’il permet de placer chacun face à ses responsabilités et de proposer une méthode pour bouger derrière. C’est tout notre système de sociétés, de systèmes capitalistes qui ne doit pas aujourd'hui continuer à être uniquement que la question du profit. Ce n’est tout simplement pas possible, on va dans le mur. Et s’il n’y a pas une régulation de la part du politique, de la part des États, encore une fois on n’arrivera pas à atteindre nos objectifs. Après, il y a un autre aspect : qui peut être utile et efficace ? Le citoyen peut être efficace. Certains me disent « Oui, moi je trie je suis efficace. » Oui c’est vrai. On veut se passer par exemple du plastique à usage unique, ce serait efficace. Oui. Mais derrière ce n’est pas suffisant, il faut que les mairies, les départements, les régions, l’État, l’Europe se bougent et au niveau international. Donc je pense qu’il faut que la prise de conscience soit globale et puis bien souvent, si les États bougent vraiment, si les politiques bougent vraiment, ça sera plus facile d’entraîner l’ensemble de la société. Je crois que tout le monde comprend pourquoi il faut agir. La question c’est chacun veut savoir comment il peut être efficace.

© Maxime Dufour Photographies

 

Comment s’engager ?

Oui mais vous savez, la plupart des politiques signent des engagements puis après passent à autre chose, ils font du zapping. Ça c’est fastoche. Un engagement signé c’est bien, un objectif atteint c’est mieux. C’est là aussi tout l’engagement, et ce que je propose c’est que le World Forum, pendant l’année, d’ici le prochain propose des engagements à des collectivités, à des entreprises, voire à l’État dans la région des Hauts-de-France et que tous les 3 mois, on montre où on en est et que l’an prochain on puisse voir exactement qui a fait quoi. Parce que le vrai sujet aujourd'hui ce n’est pas la volonté, c’est l’efficacité.

 

Martin DAMBRICOURT
@martindamb

Une mélodie en cours d’écriture

33A – Plénière de clôture : EGO IMPERIUM, j’ai le pouvoir de changer le monde

 

Alors que le World Forum 2019 touche à sa fin, les consciences semblent s’être éveillées chez les 4 000 participants. Durant trois jours, ils ont communiqué, échangé, débattu autour d’une conviction commune : chacun a le pouvoir de changer le monde. Cette treizième édition a mis en lumière l’engagement des jeunes dans les pratiques éco-responsables, et leur volonté de faire réagir les politiques, trop inactifs face à l’urgence climatique. Retour sur une cérémonie pluri-générationnelle.

 

Sur les airs de Greenwashing, du groupe Tryo, la plénière de clôture du World Forum 2019 débute. Un certain suspens règne dans la salle : l’objectif des mille engagements sur la plateforme Egothon a-t-il été atteint ? Nous ne le saurons qu’à la fin de la plénière. Pour l’heure, place à un dernier débat. Corinne Lepage, avocate et ancienne ministre de l’environnement, Mathieu Laine, fondateur d’Altermind, et Xavier Bertrand, président du Conseil régional des Hauts-de-France, se penchent sur des thématiques telles que l’implication des citoyens et le rôle de l’État dans la lutte contre le réchauffement climatique, ou la mise en place de réglementations ou de taxes pour contraindre les entreprises à respecter leurs engagements environnementaux. Si Mathieu Laine affirme sa confiance en la capacité du capitalisme d’apporter les moyens aux citoyens de réguler leurs pratiques, Corinne Lepage et Xavier Bertrand sont plutôt partisans d’une intervention de l’État. Aujourd’hui, les principaux acteurs de la transition écologique sont les collectivités et les entreprises. Cela doit changer. Il faut arrêter de se fier aux discours des politiques, l’important, c’est les actes.

C’est finalement Xavier Bertrand qui clôt le débat en annonçant son engagement pour la plateforme Egothon : lutter contre la faim dans la région Hauts-de-France. Une belle promesse que l’on espère se voir réaliser.

 

© Maxime Dufour Photographies

 

Après une note politique, la deuxième partie de cette plénière se tourne vers la jeunesse. La parole est donnée à un groupe d’étudiants venus questionner divers acteurs de la société civile. Du président du World Forum M. Letartre au maire de Roubaix, en passant par un professeur de l’EDHEC, les différents étudiants sont venus poser leurs questions dans une ambiance de workshop. La variété du panel d’étudiants intervenants permet d’amener plusieurs débats couvrant de multiples sujets. Des questions et des réponses pertinentes, qui nous permettent de réaliser l’avancée des choses mais aussi tout le travail qu’il reste encore à fournir pour la transition écologique.

 

En fin de conférence, le résultat tombe : 756. C’est le nombre d’engagements Egothon à la fin du Forum. Un chiffre « très décevant » pour Philippe Vasseur, qui a officiellement pris sa retraite du poste de président du Forum après 13 ans de service. Le fondateur de l’évènement exprime son mécontentement mais garde espoir pour l’avenir. Malgré un objectif non atteint, il remarque tous les efforts fournis et croit en l’ego imperium. Son successeur, Jean-Pierre Letartre, mentionne avoir été très impressionné par la qualité des débats auxquels il a assisté durant les trois jours. Un Forum qui aura malgré tout rassemblé plus de 4 000 personnes et mobilisé de nombreux acteurs locaux et internationaux. Une petite « fausse note » pour clore un forum concentré sur la recherche de solutions pour vivre dans un monde meilleur. Des instruments qui restent encore à accorder pour faire ressortir la mélodie de l’écologie, mais une transition qui est en cours…

 

Candice SCHMITZ
Logan GUM
@Gumlogan

Ego Imperium, il faut rendre aux jeunes ce qui appartient aux jeunes

33A – Plénière de clôture : EGO IMPERIUM, j’ai le pouvoir de changer le monde

 

Lors de la plénière de fermeture de cette treizième édition du World Forum, les idées fusent entre les prestigieux invités mais le consensus semble jouer au chat et à la souris... Chacun soutient son propre modèle de transition qui, tout en visant la même fin, semble emprunter des trajectoires bien distinctes. Le débat est bousculé lorsqu’une dizaine de jeunes rentrent en scène afin d’interroger ces professionnels, un acte symbole du rôle central de la jeunesse.

 

« Vous devez impérativement être acteurs » – Sylvie Cheynel

La jeunesse a un rôle crucial à jouer dans la phase de transition que nous vivons, car elle incarne justement cette rupture avec les paradigmes qui ont structuré la vie de nos parents et grands-parents.

Même si le réveil des consciences doit être collectif et les initiatives qui en découlent « pluralistes », ce n’est pas en claquant des doigts que la crise du politique se résoudra et que les citoyens passeront à l’acte. Trop de barrières, telles que la question du rôle de l’État, l’incertitude ou l’impossibilité matérielle limite encore la prise de pouvoir individuelle.

Les jeunes sont au contraire libres de toutes ces contraintes et aspirent à un monde plus juste. Étudiants ou jeunes travailleurs, chacun d’entre eux est conscients de la nécessité d’agir pour le monde de demain car ce monde, c’est le leur : c’est tout un mode de vie qui sera ainsi questionné s’ils ne font rien aujourd’hui.

 

© Maxime Dufour Photographies

 

Le bilinguisme inné d’une génération d’activistes

Tout au long du Forum, les participants ont souligné leur effarement face à la conscience écologique de leurs enfants, prêts à renoncer à leur pécher mignon afin de boycotter un produit qui n’est pas durable. Nous sommes dans une nouvelle ère, souligne Jean-Pierre Letartre avec ironie : « La première question d’un jeune qui vient nous voir, ce n’est pas combien il est payé, c’est : qu’est-ce que vous faites des gobelets en plastiques ? »

Si les jeunes sont aussi sensibles, c’est parce qu’ils ont grandis en même temps qu’émergeait la nécessité d’une transition sociale et écologique. À l’instar de la génération ayant grandie avec l’émergence des smartphones et qui les utilisent avec une aisance sans faille, les jeunes d’aujourd’hui s’engagent de manière parfaitement naturelle. Avec cet avantage, ils ont pour rôle d’informer les citoyens et de montrer l’exemple grâce à de bonnes pratiques. Cette génération doit par-dessus tout faire pression, selon le président du World Forum : « Je vous incite à faire pression et à pousser les politiques et les chefs d’entreprises à réparer les dégâts de ma génération. » Leur tâche ne sera donc pas aisée !

 

« Turning the climate change in climate chance »

Cette phrase, énoncée récemment au sommet du GIEC et rappelée par l’ancienne ministre de l’écologie Corinne Lepage, est le credo de ces jeunes. À leur entrée sur scène, un vent d’optimisme souffle en effet dans l’amphithéâtre lillois. Cette génération d’activistes pivot est suffisamment consciente que nos modes de vie sont à bout de souffle, mais ne disposent pas de l’expérience suffisante pour être découragés par l’inertie. Cet espoir s’illustre par des prises d’initiatives innovantes et prometteuses de changement, au sein d’associations solidaires et écologiques ou par le biais de leur emploi. Ce dynamisme fait directement échos aux propos de Xavier Bertrand. Loin des modèles de décroissances, la transition actuelle n‘est pas un recul mais une manière de marier la durabilité à nos propres intérêts. Si ces jeunes prennent le pouvoir, c’est bien que l’Ego Imperium apporte bonheur, fierté et réponses aux besoins tant individuels que collectifs.

 

Quoi de plus logique que l’Ego Imperium, philosophie de la transition, soit portée par cette génération pivot ? Oui, l’émergence d’un monde plus durable nécessite la participation de tous les jeunes. Nous n’avons plus le temps d’attendre une voie parfaitement tracée pour passer à l’action : l’expérience est quelque chose qui s’acquiert, et non pas un prérequis à la prise de pouvoir individuelle.

 

Apolline CONVAIN

Charte RSE Keolis Lille Métropole : proposez-nous vos idées d’actions !

31D – Charte RSE Keolis Lille Métropole : proposez-nous vos idées d’actions !

 

Thierry Duc et Laureline Burggraeve sont venus en tant que représentants de Keolis Lille Métropole, opérateur des transports publics. C’est cette entreprise qui s’occupe de l’intégralité réseau de transports dans la MEL et dirige notamment Transpole. Keolis c’est 2 500 collaborateurs, 373 bus, 143 rames métro, 60 stations métro, 24 rames tramway et plus de 600 000 voyages par jour dans la ville.

L’entreprise vient de co-construire une « charte » RSE en interne. Elle est venue présenter ses ambitions pour en discuter et avoir un retour.

 

Avant la découverte des nouveaux champs possibles offerts par la RSE, Keolis a voulu répertorier les initiatives et actions qu’elle engageait déjà. L’entreprise a saisi cette opportunité pour donner un sens commun à tous ses collaborateurs et proposer de nouvelles actions, évènements et projets concrets qu’elle pouvait entreprendre. La société cherche à impliquer au maximum ses employés volontaires dans un système de brainstorming et ainsi dépasser une approche trop « top-down ». Elle organise régulièrement des réunions auxquelles elle invite tous ses employés à participer, afin d’enrichir l’élaboration de sa charte d’ambitions. Une méthodologie plus moderne pour faire rayonner l’entreprise Keolis et lui donner une bonne image.

 

La charte présentée tourne autour de trois piliers majeurs :

 

1. L’éducation

Keolis veut accélérer le changement de comportement de tous et apaiser les relations, assurer des déplacements sûrs et à impacts positifs pour le climat et la santé publique et éduquer et agir sur le tri et la gestion des déchets.

L’entreprise entreprend déjà un certain nombre de projets à ce sujet mais désire à présent développer des politiques de sensibilisation au harcèlement dans les transports publics.

2. L’innovation sociale

L’idée est d’innover à toutes les échelles : du salarié à l’utilisateur. Ceci premièrement par l’inclusion des publics fragiles et des handicapés, ainsi que par des actions contribuant à la sécurité et au bien-être des salariés. Un programme d’intra-entreprenariat complètera ces mesures, laissant davantage la possibilité aux collaborateurs de penser à de nouvelles idées pour améliorer le fonctionnement de l’entreprise (à travers de nouvelles méthodes de travail tels que des workshops, pour échanger et transmettre les savoirs).

Avec un « mécénat de compétences », Keolis souhaite porter son soutien aux associations locales dans le cadre d’un travail collaboratif.

© Maxime Dufour Photographies

3. La consommation responsable

Étant donné le contexte actuel, Keolis a pris conscience qu’il fallait agir pour l’environnement, faisant de lui le troisième pilier de la liste. Keolis veut ainsi réduire son gaspillage et développer des alternatives durables. Une utilisation raisonnée des ressources et le développement de partenariats pour monter des nouveaux projets et concepts plus écologiques sont en cours d’investiture. Un exemple de ces pratiques est l’installation d’un nouveau dispositif d’économie d’eau. La société récolte l’eau de pluie et la recycle pour le lavage des véhicules.

De nombreux autres projets sont en cours d’élaboration (mise en place de cendriers aux arrêts de tram, modernisation et optimisation du système de chauffage des voies de métro,...).

 

Keolis propose un projet qui a de la valeur mais qui reste raisonnable et réalisable. Ils ont décidé d’agir dans ces trois champs pour impacter et influencer leur entourage, agir pour des bonnes causes sociales et tenter de préserver l’environnement au mieux possible.

Cette charte comme présente un projet RSE qui peut s’avérer réellement bénéfique à la fois pour Keolis et son entourage.

Il ne reste à l’entreprise plus qu’à mettre en œuvre ses ambitions. Keolis a le pouvoir de faire changer les choses à son échelle et a surtout le pouvoir de faire agir ses employés et clients utilisateurs.

 

Logan GUM
@Gumlogan

Mode et éthique : deux notions irréconciliables ?

31F – Étudiant, engage-toi dans la mode responsable !

 

Avec le phénomène de fast-fashion inhérent à notre société depuis quelques années, la conscience éthique des citoyens se développe, avec une volonté de tendre vers une consommation plus durable.

 

Le problème de la fast-fashion

Depuis plusieurs années, la pratique de la « fast-fashion » s’est répandue dans nos centres commerciaux. Elle consiste en la mise en place de nombreuses collections, pouvant atteindre la cinquantaine dans des grosses enseignes telles que Zara ou H&M. Or, tout au long de son cycle de vie, le textile pollue. Lors de la production dans des usines rejetant du CO2, au moment du transport ensuite. En effet, l’extrême majorité des vêtements étant confectionnés en Asie, le textile, par ses déplacements importants, émet chaque année plus de gaz à effet de serre que le transport aérien et maritime réunis. Tout cela est d’autant plus aberrant que l’on ne porte en moyenne que 30 % de notre dressing, et que les Français jettent en moyenne 12 kg de textiles et chaussures par personne et par an. Les choses doivent changer. Certains entrepreneurs se sont saisis du problème et ont proposé des solutions possibles.

 

L’entrepreneuriat social : une solution de mode éthique

 

© Maxime Dufour Photographies

Pour faire bouger les lignes, certaines personnes ont décidé d’opter pour l’entrepreneuriat social. Il s’agit de résoudre un problème environnemental ou social en développant des solutions innovantes. Ces solutions servent de base pour définir un modèle économique durable visant à l’autofinancement, un système qui permet de réinvestir les bénéfices et ainsi faire grandir le projet. Cette bonne pratique s’inscrit durablement dans la dynamique de la RSE.

C’est le cas d’Amélie. Elle a créé il y a deux ans l’entreprise Trop Trop Bien ! qui réutilise des vieilles chemises pour les transformer en tabliers pour enfants. Ces derniers sont fabriqués dans un atelier de réinsertion sociale par des bénéficiaires du RSA, qui se forment ainsi à un nouveau métier. Chaque étape de la production est durable, puisqu’Amélie se fournit en tissu grâce à des dons.

 

 

 

 

 

L’avis d’une spécialiste sur le sujet

Nous avons eu la chance de rencontrer Anne Perwuelz lors d’un atelier au sujet de la mode éthique. Elle nous a éclairé sur son engagement.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis enseignant-chercheur dans une école d’ingénieur à l’Ensait, une école qui forme des ingénieurs textiles. À la base je suis ingénieur chimiste spécialisée en sciences des matériaux. J’ai toujours travaillé sur les matières !

Y a t-il eu un évènement qui vous a marqué et qui a pu provoquer un rapport plus responsable à la mode de votre part ?

À la fin des années 90, j’ai rencontré une finlandaise qui faisait de la recherche sur l’impact environnemental des textiles [et notamment de l’impact du] linge des hôtels. Elle m’a expliqué ce qu’elle faisait et ça m’avait paru incroyable. Et je me suis dit qu’il fallait que je fasse ça moi aussi, parce que c’est vraiment important de se rendre compte aujourd’hui que tous les textiles ont un impact. Comme je suis ingénieur chimiste, j’avais les notions de pollution que j’ai apprises à l’école. Mais là, [l’enjeu était] d’étendre tout ça sur tout le cycle de vie d’un produit.

Et sur quel type de matériaux vous travaillez ?

Je travaille sur tous les types de matériaux. Pour le moment je ne travaille pas sur la fibre de carbone par exemple, je reste plus sur des textiles traditionnels. Ce qui m’intéresse ce n’est pas seulement le matériau mais comment on le transforme, comment on le modifie.

Est-ce que vous pensez qu’il est trop tard pour renverser le phénomène de fast-fashion ?

Est-ce que vous avez une idée de quand est arrivé le mot fast fashion ? Parce qu’il y a 10 ans, personne ne l’employait, c’était un mot qui n’existait pas. Moi je dirais il y a 5 ans. Et effectivement, tout a changé. Je ne pensais pas que ça irait si vite. Tout d’un coup, les gens se sont rendu compte qu’on était dans cette surconsommation et que c’était affolant. Je donne un cours sur ces aspects environnementaux depuis 2006, les étudiants m’écoutaient [alors] gentiment parce que c’est quand même intéressant le développement durable. Mais depuis 4-5 ans, les étudiants sont vraiment très actifs. Ils ont envie d’agir. Votre génération est en train de tout changer.

Pour finir, pourrait-on connaître votre engagement pour l’Egothon ?

Justement ce matin je me suis dit que je n’avais pas pris d’engagement. Mais en fait, les engagements, je les prends tout doucement depuis toujours. Mon dernier engagement c’était il y a deux ans : je me suis rendu compte que le fait d’aller au boulot en voiture c’était de la débilité totale. Depuis, je limite complètement mes déplacements professionnels en voiture. J’aimerai bien faire zéro voiture pour aller travailler mais je sais que c’est un engagement que je ne peux pas prendre car je n’y arriverai pas. Mais j’aimerai bien tendre vers cela. Pour le reste, c’est vrai que ça fait longtemps que je consomme assez peu de vêtements, que je recycle.

 

Clotilde AVENEL
@clotildavenel
Jean DESROUSSEAUX
@JxnDesrouss

Les biens communs : une horizontalité vertueuse

31B – Demain tous communs ? S'approprier les communs dans son organisation

 

Penser les biens communs comme source de coopération pour demain ? Dans une ambition de changer le monde, il faut questionner nos comportements et le système qui nous structure, car il est temps d’inverser la tendance&nsbp! La notion de biens communs est intrinsèquement liée à l’existence d’une communauté. Mais que sont-ils&nsbp? Des biens à la disposition de tous, payants ou gratuits, dont l’utilisation ne suppose pas l’exclusion de l’utilisation ni n’est nuisible pour autrui. Cela pose des problèmes de surconsommation, ce qui suppose une prise de conscience collective et une communauté d’acteurs engagés.

 

De quelle manière les biens communs modifient ou sont amenés à modifier en profondeur le territoire et les relations entre les parties prenantes ?

© Maxime Dufour Photographies

Les biens communs permettent tout d’abord d’établir une certaine confiance entre les individus. À travers le partage se dessine peu à peu une communauté reposant essentiellement sur une assurance mutuelle. Intrinsèques à la notion de Communs se dégagent des questions de privatisation ou de propriété, à l’instar des possessions entrepreneuriales. Un tel pouvoir concentré dans les mains de dirigeants d’entreprises pourrait être une véritable menace pour la démocratie d’après les intervenants.

À l’inverse, avoir une appartenance commune pourrait garantir une plus grande attention aux objets prêtés et empruntés, pouvant aller jusqu’à un certain respect de l’intégrité des personnes. Dans une connivence d’actions, chacun peut trouver une utilité et avoir un poids réel dans les décisions communes.

Enfin, un dernier avantage des Communs est l’ouverture vers les autres dans des échanges constructifs. Mais dès lors qu’il y a la mise en place d’un contrat, celui-ci par son essence même pose des barrières aux bienfaits communs. Cela pose ainsi la question du droit, qui, sans aller jusqu’au communisme utopique, devrait servir de cadre régulateur dans lequel la versatilité des bénéfices serait possible à capter et permettrait aux Communs d’exister.

 

Comment outiller la communauté au sein des territoires pour favoriser l’émergence de plateformes numériques fondées sur les communs ?

Dans notre société, il est fortement recommandé de se servir des ressources mises à notre disposition. Dans cette visée, les « open sources » peuvent se montrer utiles à la communauté.

Par ailleurs, l’existence de moteurs de recherche plus respectueux des données numériques doit pousser à instaurer des plateformes vertueuses et promouvoir un accès plus horizontal à ces ressources. À cet effet, une éducation autour des plateformes est indispensable, tout autant que l’organisation de débats sur les codes qui les gouvernent. C’est ce que tente de faire le CLEMI (Centre de Liaison de l’Enseignement et des Médias d’Information), prônant ainsi une meilleure conscience des enjeux attachés à toutes ces pratiques telle que la nécessité d’une transparence des algorithmes ou la protection de la propriété de nos données sur le web. Pour finir, l’éducation et la fabrication doivent aller de pair de manière à être éco-responsables.

 

Gouvernance, comment l’économie et les communs transforment l’organisation de nos entreprises ?

L’entreprise, dans une dynamique d’ouverture peut acquérir une mise en place de communs. La valeur qu’ils créent pourra créer ainsi un circuit court et vertueux des acteurs.

Afin de susciter l’envie et l’action chez les acteurs, les pratiques devraient avoir une certaine porosité. Toutes les personnes souhaitant intégrer ces circuits, devraient pouvoir se greffer à ces dynamiques, peu importent la génération ou le domaine professionnel, il s’agit au contraire de permettre un pluralisme d’engagements !

Le but ultime serait la création d’une communauté marquée par l’entraide dont chaque membre garderait une exemplarité et un rôle critique par rapport aux pratiques et aux informations. Greta Thunberg, avec sa lutte pour le climat, pose une question qui doit être traitée collectivement et dont la solution ne saurait être amenée par elle-seule. La quête de solution devrait toujours s’effectuer dans une démarche collective et horizontale.

 

Mais qu’en est-il alors de la rémunération de ces acteurs animés par la protection et l’utilisation des Communs ? Une monnaie locale ? Autant de points encore à éclairer !

 

Anaïs BRUSEL

BrandsEye: Understanding Social Medias, Understanding the Demand

31A – Comment la technologie peut-elle être utilisée pour encourager les parties prenantes à changer le monde ?

 

Jean Pierre Kloppers is a robotic engineer and the director of BrandsEye group, the most efficient opinion mining business in the world. In 2016, BrandsEye predicted the election of Donald Trump and the result of the Brexit.

 

How would you define BrandsEye?

Brands Eye tracks social media to help companies understand the demand of customers. Our goal is to medicate the risk, improve people’s buying, reduce people leaving and improve the customer services that companies offer to clients.

 

© Maxime Dufour Photographies

 

Do you believe that your technology is a good tool to build a better society?

Yes, I do. My technology is helping to reduce frustration because, by listening to what people are saying in social medias, you are able to understand what they want and thereby, to bring up an appropriate answer to their problem.

 

Do you believe social medias help improve the society?

The core of social medias existence is to give people a voice. As long as people keep speaking about their experiences, and as long as they are people who really want to listen to each other and not manipulate. Then, social media enable change in society. However, when people start to control and manipulate each other, that’s when they stop sharing their opinions. It’s been true for hundreds of years.

 

To whom do you sell the information you get from social medias?

Most of our clients are in the big B2C’s base: banks, cellphone companies, energy companies, insurance. All our customers are in the corporate business. So, we don’t do any political work. We do have public clients like the Cap Town city but again, it’s the same thing, we focus on understanding the services deliveries issues with social medias. But it is a customer service before all.

 

Matteo DARNET

L’effet [IMP]²ULCE : un parfum d’éco-responsabilité dans les entreprises

30B – Projet [IMP]²ULCE : le coup de pouce pour la mobilité verte !

 

Né de la rencontre fortuite de deux « blabla-cariennes » en 2017, le projet [IMP]²ULCE a pour objectif de promouvoir la mobilité verte dans les entreprises. Comment ? Grâce au nudge, ce concept novateur qui influence les comportements humains.

 

© Maxime Dufour Photographies

C’est sous le signe du développement durable, à l’occasion d’un covoiturage, que les destins d’Ankinée Kirakozian, chercheuse à l’université polytechnique des Hauts-de-France, et Noémie Rogeau, dirigeante de l’entreprise 2R Aventure, se croisent. Elles ne le savent pas encore, mais cette rencontre marque le début d’une grande aventure. Avec l’aide de Lucile Janssoone, chef de projet RSE et Mobilité Durable du Réseau Alliances, elles montent le projet [IMP]²ULCE : Incitation à la Mobilité Propre, Impact de l’iMage sur la Perception et Usages aLternatifs au sein des Collectivités publiques et des Entreprises.

[IMP]²ULCE, c’est 14 mois d’expérimentation, dont 10 de mise en pratique, 120 entreprises, et 5 groupes d’établissements tests. Le but : étudier, à l’insu des salariés, l’impact de différents nudges sur leur comportement en matière de transports propres et les encourager sur le long terme à privilégier la mobilité verte.

 

 

 

 

Mais au fait, les nudges, c’est quoi ?

Le nudge, c’est un coup de pouce, une incitation à modifier ses habitudes. Nous avons déjà tous aperçu, dans la rue, une de ces petites cibles sur lesquelles nous pouvons lancer nos chewing-gums au lieu de les jeter par terre. Elles sont un exemple de nudge. C’est notamment grâce à cet outil pédagogique que Richard Thaler a reçu le prix Nobel d’économie en 2017.

Dans le contexte du projet [IMP]²ULCE, plusieurs types de nudges seront utilisés. Entre autres, le risque perte ou gain, qui consiste à mettre en avant les effets néfastes des transports polluants sur l’individu, ou encore la comparaison sociale, qui hiérarchise les entreprises en fonction d’un classement lié à leurs efforts. Par leur multiplicité et leur régularité, les nudges impacteront, sous différents aspects, la conscience écologique.

Le projet [IMP]²ULCE, financé depuis cet été par le Conseil régional des Hauts-de-France, débutera au printemps suivant. Ce projet, bénéfique tant pour les entreprises que pour les salariés, est un véritable atout de valorisation des pratiques RSE. Les inscriptions sont encore ouvertes, alors n’hésitez plus et rendez-vous sur le site www.imp2ulce.fr !

 

Candice SCHMITZ
Sarah MORES
sarah_mores