Communiqués de presse

21 octobre 2022

4C : Engager ses parties prenantes : suivez le guide !

L’objectif de cette session intitulée « Quelle est ma performance sociale et environnementale et comment puis-je mettre ma performance financière à son service ? », au World Forum for a Responsible Economy ? Définir comment engager ses parties prenantes dans une chaîne de valeurs positives au niveau environnemental, social et financier. 

Afin d’apporter les bonnes pratiques à toutes les échelles et d'éclairer sur le sujet, nos intervenants abordent les différentes parties prenantes, à travers les attentes des collaborateurs, les nouveaux modes de gouvernance, le rôle des fournisseurs et de la société civile ainsi que l’engagement pour l’environnement. 

Une opportunité en faveur de la réinvention 

Face à l’urgence climatique, la question pour les entreprises n’est plus de savoir s’il faut agir mais bien de quelle manière s’y prendre. Changer le business-model de son entreprise ne suffit pas, c’est bien un changement profond de valeurs qui doit s’opérer, en entraînant toutes ses parties prenantes avec soi. Dans quel but ? Pour instaurer une réelle chaîne de valeur partagée, aussi bien par le fournisseur que le salarié, en passant par le contact avec la société civile. Le contexte particulier de la crise sanitaire et climatique a fait resurgir l’importance du sens notamment, celui du travail, ainsi que les valeurs environnementales.Selon l’INSEE, on constate une hausse de 20 % des démissions par rapport à la moyenne pré-covid, entrainant ce phénomène du « big quit ». Mais comment réinventer son entreprise et fidéliser ses collaborateurs ? En alliant performance économique, responsabilité environnementale et sociale. 

Comment mobiliser concrètement ses parties prenantes ? 

Pour Léa BINET FERTE, directrice Générale adjointe de l’institut Great Place To Work®, il n’y a pas de recette miracle pour engager ses parties prenantes, car il faut agir en fonction de sa culture d’entreprise. En réalité, la « bonne pratique » c’est « celle qui va écouter ses collaborateurs et être co-construite avec les collaborateurs et les managers ». Le smartworking est un excellent moyen afin de répondre aux demandes croissantes des collaborateurs pour un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, second critère d’importance après la rémunération. 

Mais concrètement, comment faire ? En établissant une plus grande flexibilité en termes de gestion du temps de travail, d’hybridité doublée d’une plus grande autonomie. Cette évolution des attentes des collaborateurs ne doit pas être négligée, car c’est cette conscience des attentes qui va permettre aux entreprises de « maintenir un collectif de travail soudé » tout en fidélisant ses collaborateurs. Adapter son entreprise en fonction des attentes des collaborateurs est un solide moyen de fidélisation en instaurant une culture de la reconnaissance.

Autre pratique proposée par l’institut, introduire des « vis ma vie » dans les entreprises en invitant différents collaborateurs à passer une journée dans d’autres services.  Quel avantage pour une entreprise ? Améliorer la participation entre ses collaborateurs et établir une coopération horizontale adaptée à la réalité du terrain.

Une mobilisation de tous pour un changement durable 

Entraîner toutes les parties prenantes repose en grande partie sur le consommateur qui représente l’aboutissement de cette chaîne de valeur. Pour Emery JACQUILLAT, PDG de la Camif, « une entreprise va créer des valeurs économiques, sociales qui va tirer vers le haut tout son écosystème ». Cette démarche de consommation responsable est partagée par la marque de vêtements éco responsables Balzac Paris. Sa mission ?« Écrire ensemble un monde où le désirable est durable et le durable désirable ». Leur vision ?  Aligner toutes les parties du fournisseur au consommateur, avec des valeurs de respect de l’environnement, à travers la réduction du bilan carbone et de transparence, en instaurant une traçabilité des vêtements. Le citoyen agit donc également à son échelle et participe à la continuité de valeurs communes partagées avec l’entreprise.  Avec Balzac, l’entreprise se réinvente à travers une utilité à la fois, économique, sociale, et environnementale. Pourquoi intégrer cette double utilité à son entreprise ? En plus d’être dans une démarche RSE, une entreprise qui intègre les critères ESG (Environnementaux, Sociaux et Gouvernance) s’assure une visibilité significative auprès des conseils d’administration et de potentiels investisseurs. 

En outre, engager ses parties prenantes nécessite un engagement de tous et toutes pour une quête de sens et de responsabilité environnementale. L’action collective est plus que jamais d’actualité afin d’impacter positivement notre environnement. L’urgence climatique nous rappelle que nous comptons sur notre environnement et vice-versa. 

Maëllie gernidos

 

19 octobre 2022

4D - « Ralentissons ! L’urgence d’une mobilité moins carbonée »

Hier en fin d’après-midi, à l’occasion du World Forum for of Responsible Economy, se tenait une conférence sur la décarbonation des mobilités. Une table ronde organisée en partenariat avec le Forum Vies Mobiles a fait jaillir de brillantes idées et des solutions possibles pour réduire notre impact.

10h par semaine, tel est le temps que nous passons en moyenne à nous déplacer. En effet, avec la métropolisation de notre territoire français, les migrations pendulaires se sont démultipliées ces dernières années, entraînant une véritable dépendance à la mobilité rapide, quand 40 % des travailleurs sont encore amenés à se déplacer pendant l’exercice de leur profession. 

Vers une mobilité douce et durable 

La voiture reste le moyen de transport le plus utilisé pour ces déplacements, faute d’offre de transports en commun dans certaines zones rurales. Il est donc essentiel de repenser un système de mobilité efficace et durable. C’est le challenge que se sont lancé les différents acteurs de cette table ronde. Animé par Christophe Gay, co-directeur du Forum Vies Mobiles, le séminaire a accueilli des intervenants d’horizons bien différents ainsi qu’un public allant de l’étudiant en urbanisme au conseiller régional.   

Chacun leur tour, les intervenants ont ainsi articulé des réflexions sur notre rapport aux déplacements sur nos différents territoires. Annelise Avril, Directrice Marketing, Innovation, Nouvelles mobilités du Groupe Keolis, propose une nouvelle analyse du domaine urbain via du « placemaking » (nouvelle approche de l’urbanisme cherchant à mettre en valeur le bien être des individus dans l’espace public). Par cela, elle arbore l’idée de la création de voies dédiées aux transports en commun et aux véhicules partagés qui garantiraient une fluidité conséquente pour nos déplacements quotidiens. Elle évoque également l’élaboration d’un système de paiement directement par carte bancaire à l’intérieur des transports en commun. 

Réaménager le territoire en faveur des mobilités durables 

Pierre Helwig, conseiller technique mobilités et espaces publics à la Ville et l’Eurométropole de Strasbourg, évoque aussi une politique de réaménagement du territoire par le retravail de la voirie. Il imagine une rénovation des chemins de terre en pistes cyclables comme chez nos amis néerlandais ainsi qu’une offre cadencée des transports en commun aux tarifs clarifiés. Il insiste également sur le fait que les activités doivent se délocaliser le long des offres de mobilité. L’approche par l’aménagement du territoire n’est pas la seule vision adoptée pour nos mobilités durables puisque Arnaud Passalacqua ouvre un tout autre débat : la fiscalité. En effet, la conception d’un contrat individuel citoyen avec une carte à point serait une évolution pertinente pour nos déplacements. Les points seraient décomptés dès que vous prenez l’avion ou la voiture. Ces points seraient répartis en quotas qui s’établiraient selon la densité et l’offre de transport en commun (un habitant de la Lozère aura ainsi un quota plus élevé qu’un habitant de la région parisienne par exemple). 

Ces propositions ont suscité de nombreuses réactions dans la salle, notamment pour la proposition d’Arnaud Passalacqua, professeur à l’École d’urbanisme de Paris qui serait trop « facile à contester ». Effectivement, le risque de la « naissance d’un marché des quotas » reste indéniable. Pour éviter cela, Arnaud Passalacqua suggère la création d’un marché à l’échelle européenne, non spéculatif et limité. Ainsi, personne n’est maître de tout acheter. Le public a également évoqué la non-action de nos politiques ainsi que l’impact sociologique dela voiture, vue comme symbole de réussite professionnelle et comme l’affirmation d’une situation stable. 

Des initiatives citoyennes ont également été mises en valeur, comme le stop organisé en zone rurale ou la rosalie comme nouveau « bus scolaire ». En espérant que cette conférence donnera lieu à de nouvelles innovations durables dans la région des Hauts-de-France.

Zoé Larroque

19 octobre 2022

4C - Caroline RENOUX : « La quête du sens c’est bien mais l’exigence doit être forte ». 

Face to face avec Caroline Renoux, Fondatrice et CEO du cabinet BIRDEO. Comment la RSE, et la conduite du changement en entreprise impacte le recrutement ? Caroline Renoux nous répond, au World Forum for a Responsible Economy.

Quelles sont les mutations significatives en termes de business models que vous avez observées en 12 ans ? 

« Il y a une vraie professionnalisation des métiers sur le sujet du développement durable et de la RSE.  Avant, on avait beaucoup de comptes à rendre sur de petites initiatives qui se faisaient. Aujourd’hui, ce sont des directions marketing entières qui regardent comment installer durablement l’économie circulaire dans les entreprises. On sent que ça s’intègre dans le business model. Les premières ont été les grandes entreprises au vu des contraintes réglementaires. »

Quelles sont les attentes des recruteurs vis-à-vis des profils recherchés ?   

« C’est compliqué pour eux. Je ne connais pas un secteur d’activité qui n’a pas des problèmes de recrutement. Pour moi, ceux dans une réelle quête de sens et une transformation des business model doivent également faire preuve d’exigence. Parfois, des gens me disent « Je veux travailler sur le climat mais je n’ai pas de compétences. »  C’est complexe, nous le voyons bien à travers la biodiversité, c’est un sujet complexe et on ne s’improvise pas expert de la biodiversité. La quête de sens c’est bien, mais il y a une exigence qui doit également être très forte. » 

Quels sont les secteurs qui recrutent le plus ? 

« Par exemple, la finance responsable, où les contraintes règlementaires sont de plus en plus fortes. Il y a des notions de risques à prendre en compte. Aujourd’hui, investir dans une entreprise très polluante représente un risque. Ce n’est pas uniquement l’opinion publique qui joue mais également la pénurie de pétrole ou la montée des prix, comme le montre la situation actuelle. La mode a vraiment mis du temps à se mettre sur le secteur mais on voit une transformation. Aujourd’hui, ce sont les entreprises intermédiaires qui se positionnent sur ces sujets.»

 Y-a-t-il de nouvelles compétences demandées dans ces secteurs ? 

« On ne peut pas être expert en tout mais les compétences privilégiées sont une bonne culture générale de tous les sujets : achats responsables, climat, reporting extra financier, savoir gérer des projets transversaux et savoir travailler en coopération, en compétition. Mais il faut également être courageux et tenace car on ne vous accueille pas avec un tapis rouge lorsque vous souhaitez changer le business model d’une entreprise. Il faut avoir beaucoup d’humilité parce que nous n’avons pas toutes les réponses. C’est beaucoup de test and learn et accepter que l’on se trompe parfois et qu’il faut recommencer. »

Quel est le message que vous souhaitiez faire passer à travers le WFRE ? Un message pour la jeune génération ? 

« Le message pour moi c’est qu’il y a encore quelques années, les gens qui voulaient faire de la RSE, de l’impact, étaient prêts à faire une croix sur leurs carrières. Aujourd’hui, au contraire, je crois vraiment que cela va être un accélérateur de carrières et qu’il ne faut pas hésiter à y aller, il y a de nombreuses choses formidables à faire et cela permet de faire de belles carrières. » 

Comment voyez-vous le futur du travail dans 10 ans ? 

« Je pense qu’il y aura beaucoup plus de collaboration et d’hybridation entre les organisations. On verra beaucoup plus de projets communs entre les pouvoirs publics, les entreprises privées, le rapport entre les fournisseurs et les clients. Mais cette transition est longue. On aimerait que ça aille plus vite mais la conduite du changement c’est long, il y a tellement d’enjeux. » 

Maëllie Gernidos

19 octobre 2022

3A - Jasmine Manet : "Je veux contribuer au monde de demain tout en me préservant"

Directrice générale de Youth Forever, Jasmine Manet nous a fait l’honneur de sa présence lors de cette session portant sur notre manière de concevoir le travail dans le futur. Durant cette 16ème édition du World Forum for a Responsible Economy, elle revient ici sur son parcours et sa vision de l’entrepreunariat, nous présentant ainsi une projection sur les caractéristiques du monde du travail de demain. 

Diplômée d’une grande école de commerce, double nationalité, fondatrice de Youth Forever, vous êtes la parfaite représentation de notre monde interconnecté et globalisé. Considérez-vous que tout cela fait partie du monde de demain ?

J’espère ! En tout cas j’en suis fondamentalement convaincue ! C'est évident que je veux contribuer au monde de demain mais tout en me préservant. Je pense que c'est cela le message. Ce que portent la plupart des entrepreneurs aujourd'hui, qu'ils soient entrepreneurs sociaux ou non, c'est l'importance de faire les choses en conscience, de savoir pourquoi tu les fais. Est-ce que c'est vraiment là où tu as ton impact ? Précédemment, j'ai créé une société, un média dans l'intégration professionnelle qui s'appelle Vocation, qui existe encore et que je mène à mes heures perdues. C'était une société donc, par nature, orientée vers le profit parce que c'est la définition même. Et en fait moi, j'étais bloquée dans ce système-là. J’ai fait les choses pour l'intérêt général, parce que je voulais que le plus de gens possible soit informé sur les métiers mais en fait je ne m'y retrouvais pas. Créer une association c'était donc pour moi l’opportunité de contribuer à ce monde meilleur avec un objectif qui est une mission, un intérêt pour l'intérêt général. Il m’a permis de me reconnecter à ce monde et après j'ai un peu envie de dire, de contribuer à un monde meilleur oui. C’est important de choisir ton échelle, choisir avec qui tu le fais et puis accepter qu'en fait, c'est ça, ce que tu incarnes de plein de façons différentes. L’impact, il peut être petit comme grand. Tout dépend si c’est ce qui te permet de te lever le matin et d'être aligné avec qui tu es. Et puis encore une fois, il s’agit de ne pas se perdre en chemin. 

Clairement, être aligné selon nos propres valeurs, c’est essentiel et on sent d’ailleurs dans votre parcours que ça l’est pour vous aussi. En effet, vous avez fait partie de l’association Fleurs de bitume qui propose de l'aide aux devoirs, vous avez créé Vocation pour aider les jeunes à trouver un emploi et maintenant vous êtes directrice générale de Youth Forever qui aide les jeunes à entreprendre donc est-ce que c’est le fait d’entreprendre et de contribuer au bien-être général qui vous fait vous lever le matin ?

Oui certainement. En tout cas, monter des projets et les voir prendre vie oui. Mais de plus en plus en fait, je ne rejette pas le salariat en tant que tel. Le grand méchant salariat (rires). Parce que les limites de l'entrepreneuriat que j'ai connues, surtout en entreprenant en tant qu’étudiante sortant d’une grande école, c'est le manque de management au sens de coach et d'apprentissage. En fait j'ai été capée dans ma façon de faire les choses alors que je suis sûre qu'on peut faire beaucoup de choses par soi-même. Mais me concernant, j'ai atteint un peu cette limite là et du coup je comprends l'importance de s'entourer et l'importance d'enlever ses limites et ses biais. Du coup, j'essaye d'identifier d’autres manières d’entreprendre. On peut entreprendre en tant que salarié ! Entreprendre, ça veut juste dire être responsable de tes projets et monter des choses qui te ressemblent. C'est ma façon de planter ces graines-là. J'ai choisi un autre terrain d'action qui est celui de l'entreprise avec qui je travaille via l'association. Tous les jours, j'essaye de distiller ces graines des grands groupes et de mettre en capacité des plus jeunes pour leur permettre d'entreprendre au sein de ces groupes. Cependant, il faut vraiment transformer la structure de l'intérieur et ne pas le faire à côté. Donc j'essaye tant bien que mal de choisir mes cibles petit à petit. J'ai commencé avec les jeunes étudiants comme moi et puis aujourd'hui, je choisis plutôt les ressources humaines notamment dans des petites structures à suivre. Mais s’il y a bien des questions à se poser ce sont : est-ce que moi, ça me ressemble ? Est-ce que c'est ce que j'ai envie de faire ? Est-ce que ça peut changer ? 

Est-ce que vous auriez un conseil à donner aux générations futures, aux jeunes qui souhaitent entreprendre ?

Je conseillerai de sortir de ce que vous connaissez. Il n’y a rien de stupide à rester dans ce que l’on connaît, et ce n’est pas être fermé d’esprit de ne pas l’envisager mais c’est juste qu’il y a tellement de choses qu'on ne connaît pas. En effet, nos parents nous ont donné certains modèles, l'écosystème dans lequel on grandit ou les écoles que l’on fait ont une certaine influence sur nous. Moi j'ai eu beaucoup de chance dans mon parcours. J’ai effectué un parcours où, par nature, on me dit que « toutes les portes sont ouvertes » et en fait ça ne facilite pas le bon choix parce que quand toutes les portes sont ouvertes, tu prends laquelle ? Et bien mon conseil c'est sortir de ce que vous faites même si, en l'occurrence pour moi, certains modèles sont mis en avant comme la finance, les grands groupes, l'entrepreneuriat, la start-up nation, etc. Alors qu’en fait ce n’est peut-être pas ce que toi t'as envie de faire. Donc osez regarder ce qui se passe à côté, regarder d'autres métiers, regarder d'autres modèles. Demandez-vous ce qui vous m'inspire. A quoi ai-je envie de contribuer ? Et du coup vous sortez un petit peu de ce biais qu'on connaît parce qu'il y a peut-être des choses que vous n’imaginez même pas qui pourraient vous plaire. Alors allez rencontrer des gens et sortez de ce que vous connaissez peut-être qu'il y aura quelque chose là-dedans qui vous plaira.

Zoé Larroque

19 octobre 2022

3B - Repenser les modèles d’entreprises face au changement climatique

« Ce qui compte dans la raison d’être c’est sa sincérité » c’est à dire réussir à mettre à disposition aux clients les meilleurs pratiques, techniques du moment pour améliorer et changer son destin. Et cela passe par la refonte du business-modèle de l'entreprise. Nos experts vous expliquent le concept et son application ! 

La question d’aujourd’hui est claire, nette et cruciale, faisant émaner le fil rouge de la conversation : comment repenser les modèles d’entreprise face au changement climatique ? Nos intervenants l’aborderont sous trois angles : atténuation, adaptation et transition juste. 

Un contexte crucial

Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, il semble nécessaire de faire un point sur la situation climatique. Il est une réalité planétaire mais aussi régionale dont les effets sont déjà ressentis. Dans les Hauts-de-France, nous avons entamé la trajectoire de diminution de gaz à effet de serre, même si la vitesse de cette transition est à doubler, compte tenu de l’urgence de la situation. Dans la métropole lilloise, en soixante ans, nous avons atteint les 2 degrés de réchauffement d’après les observatoires régionaux. 

Effectivement, à la suite de la vidéo diffusée lors de cette session, force est de constater que notre mode de vie engendre des émissions de gaz à effet de serre largement supérieures à ce que la planète peut absorber. Les conséquences sont simples, mais lourdes : réchauffement de l’atmosphère et dérèglement du climat. Les Hauts-de-France sont une des régions françaises les plus vulnérables au changement climatique. Ainsi, près de la moitié des communes subissent déjà des inondations, des coulées de boue ou des sécheresses. Les nombres de jours de gel chutent régulièrement et cela impacte les cycles naturels, bouleverse les écosystèmes et l’agriculture. 

Aujourd’hui près de 500 habitants vivent en dessous du niveau de la mer et à Dunkerque, son niveau s’est déjà élevé de 9,5 cm… Bref, le bilan n’est pas bien reluisant, et ne fera qu’empirer année après année si nous n’agissons pas vite, et de manière collective.

Atténuer la future crise écologique : comment faire ?

Vous vous demandez si des solutions existent ? Bonne nouvelle : la réponse est oui et elles vous sont sûrement familières. Changer de modèle de développement, améliorer l’isolation des bâtiments, développer les mobilités propres, les énergies renouvelables… Un mot d’ordre : l’adaptation. Mais quand est-il réellement en action ? 

Oliver Colleau, Président Exécutif du Groupe Kiloutou affirme que « l’entreprise est actrice du changement », une prise de conscience progressive se fait dans l’entreprise, qui ne nous laisse plus aucun choix, sauf agir. Une feuille de route est nécessaire et les priorités d’action pour être neutre en carbone sont essentiellement les livraisons, le bâtiment (notamment sur les sujets d’isolation des agences, d'éclairage LED, de récupération des eaux de pluie pour nettoyer les machines) et le bilan carbone. 

Du côté de Manuel Moutier, à la tête de Casier Français, le changement s’est engagé en relocalisant les activités de production des casiers. Les machines sont aujourd’hui à 93 % made in France, 80 % sont fabriquées dans un rayon de 30 kilomètres. Résultat : une production durable et résiliente sans perdre la notion de rentabilité. 

Pour Rodolphe Deborre, directeur innovation et développement durable chez Rabot Dutilleul, un bilan carbone actualisé a d’abord été nécessaire, puis une formation sur l’urgence climatique pour les employé.es. Pour lui, la priorité est la rénovation.

Dans la hiérarchisation, le premier pas, et sans doute le plus important, est celui de la sobriété sur le long terme. Le second pas se porte plutôt sur l’efficacité énergique, et le troisième est le recours aux énergies renouvelables. Sur la question de la sobriété, Kiloutou se projette sur le renoncement à certains comportements, comme celui de posséder sa propre machine pour aller vers un partage de celle-ci entre les différents clients. La décarbonisation est un coût, ne rapportant rien si ce n’est que la fierté de le faire, assumée par l’entreprise, coutant moins cher que demain afin d’anticiper une crise moins brutale, avec plus de capacité de réaction et moins de perte. 

L’adaptation est longtemps passée sous silence, considérée comme un échec. Aujourd’hui, cette capacité d’adaptation est nécessaire pour les entreprises, face au changement climatique. Selon Rodolphe Deborre, nous devons anticiper la nature avec sa grande diversité, mettre en place la résilience avec, dans le cas de Rabot Dutilleul, la construction de bâtiments moins minéraux, plus robustes et faciles à réparer et pour finir avoir une culture de la flexibilité. 

Une transition juste pour tout le monde 

La question de la formation est ici mise en avant, comment accompagner les salariés et collaborateurs dans cette transition, actuellement en marche ? 

Chez Rabot Dutilleul, la transition s’organise avec la formation du personnel à la prise de conscience concernant le changement climatique. Ainsi, des formations d’employabilité pour les métiers de demain ont été mises en place. Chez Kiloutou aussi, ce qui importe, c’est la formation, l’information et l’accompagnement des salarié.es et collaborateur.ices. Ce sont des enjeux humains sous-estimés qui permettent une transition réellement juste. La transparence d’entreprise est de pouvoir communiquer en informant et en formant. 

En somme, il existe mille et une solutions, l’essentiel est d’enfin passer à l’action ! Que ce soit par la formation de vos salarié.es, par un changement de business-modèle ou de mode de production, par un approvisionnement en circuit plus court… Le business de demain doit s’adapter à l’urgence d’aujourd’hui, au profit de toutes et tous.

Anaïs Amblard