Rev3, un modèle incontournable pour contribuer au développement durable et responsable des territoires et des entreprises

Comment se libérer des milles et uns facteurs de notre quotidien qui polluent encore et toujours ? La solution est parfois de simplement mieux gérer les ressources du territoire où l’on réside. Ce mercredi, plusieurs acteurs de Rev3 se sont réunis pour partager leurs expériences.

Rev3 est un rêve, comme l’indique son nom. Celui d’un territoire clean, durable, qui tire le meilleur parti de ses matières locales. Et c’est aussi une révolution, toujours comme son nom l’indique, car il reflète la détermination de ses adhérents pour faire des Hauts-de-France une des régions européennes les plus avancées dans le développement durable.

Didier Copin, directeur de Rev3 et développement durable, présente cette action.
« Pourquoi Rev3 ? Parce qu’il y a une urgence écologique. Le 29 juillet dernier,, nous avons consommé les ressources que la planète peut régénérer en un an. Rev3 propose un nouveau modèle de développement avec des énergies renouvelables. » Et dans les Hauts-de-France les énergies renouvelables sont déjà exploitées. Les panneaux photovoltaïques d’abord, mais aussi le bio-méthane, «Quarante unités de bio-méthane sont en injection. », se félicite Didier Copin.

Pour mener à bien cette révolution du modèle de développement, il est nécessaire de promouvoir une économie circulaire. Cela passe donc par la transformation des déchets en bioproduits. Et bien sûr, valoriser la production locale, savoir mutualiser les services. « Pour cela, évidemment il y a différent acteurs qui aident », enchaîne Didier Copin.

La conscience des possibles

Un autre invité en visioconférence, Eric Delhaye, maire de Laon, renchérit sur les synergies potentielles du territoire. Lui-même livre les résultats d’une étude détaillée sur une possible économie circulaire. Il en résulte un noyau d’entreprises prêtes à agir.

Michel Milares, fondateur de Gecco, partage quant à lui l’utilité prouvée par quatre ans d’activité. La spécialité de cette entreprise est la collecte et l’utilisation de déchets de restauration. Il cite l’exemple de l’huile de friture, déchet très répandu dans la région. Il évoque notamment l’importance de la communication, car les gens ne sont pas toujours au courant qu’ils peuvent s’en débarrasser de cette manière. « Beaucoup de gens ne savent pas qu’on peut valoriser ce déchet. »

Alexandre Garcin, 3e adjoint au maire de la ville de Roubaix, ne manque pas de citer l’exemple de sa municipalité. En 2014, Roubaix a lancé le programme « Zéro Déchets », et oriente ses habitants vers des alternatives au gaspillage. Il raconte : « Par exemple, l’entreprise OVH utilise beaucoup d’emballage en mousse pour protéger des objets électroniques. Aujourd’hui, ils sont récupérés et utilisés pour une entreprise de meubles d’aménagement. Ce genre d’initiative encourage l’aide à l’emploi. Le développement durable, c’est à la fois un enjeu de ressources, mais un enjeu humain, et un enjeu de lien social. »
Une conclusion qui lui vaut l’approbation de tous. Michaël Verdier, ajoute « On ne peut pas travailler dans son coin si on veut faire quelque chose de pérenne. »

En passant à l’action : la table ronde des entrepreneurs

Parler de Rev3, c’est bien. Mais en parler d’expérience, c’est mieux. Quatre entrepreneurs ont été invités à partager leur témoignage sur l’aide reçu auprès de Rev3 mettre leur grain de sel dans la révolution durable. Camille Deligne, productrice de gobelet lavable à partir de lin, raconte « J’ai intégré Rev3 parce qu’on c’était complètement dans mes valeurs. Il y a eu des échanges dès les prémices du projet. Je suis contente de vendre un objet non jetable, mais aussi fabriqué grâce à une matière produite localement. » Morgane Croquellois, fondatrice de Rewood, entreprise revalorisant le bois local, a pu quant à elle s’appuyer sur un maillage local à travers le territoire. Le témoignage de Christophe Longle, à la tête de Casamiam, attire l’attention sur la condition des agriculteurs. Lui-même fils de l’un d’eux, il met en lumière leur désavantage dans le système alimentaire. Sur 100 euros d’achats en nourriture, seulement 6,50 euros reviennet au producteur. Donc se concentrer sur une production locale permet une meilleure rétribution des agriculteurs, et limite le gaspillage.

D’autres entrepreneurs se succèdent, chacun racontant son histoire, son aventure dans la croissance écologique. Michael Duvette raconte les merveilles qu’il y a à tirer de la drèche de brasserie, sous-produit végétal issu de la fabrication de la bière et de la transformation de l'orge en malt, grâce à Nogashi. Loïc Debrabander, fondateur de Vegskim, démontre avec un grand sourire que oui, on peut se passer d’animaux pour produire un cuir végétal, aussi beau et moins polluant.

 

Pauline Defélix

« Il y a des gens qui osent, et c’est fantastique »

Le World Forum a bien évolué depuis sa création. Une fois de plus, cette 15ème édition a redonné l’espoir et l’envie aux participants de faire encore mieux que les années passées.

C’est une nouvelle fois sous le signe de l’humour que l’animateur Jean-Michel Lobry a choisi de clore ce World Forum for a Responsible Economy. En présence de Kathie Werquin-Wattebled, Frédéric Motte, Amélie Debrabandere et de Thierry Dujardin, les 17 lauréats du prix de l’économie responsable sont venus présenter par groupe de quatre leur entreprise. Des entreprises diverses avec des idées originales pour réinventer l’entreprise de demain.

Le world forum, vers une évolution du débat

S’il y a quelques années, les débat étaient tous tournés sur la question de la RSE, il a évolué et il semble qu’aujourd’hui il se tourne davantage vers de nouvelles thématiques : la mesure de la performance durable et la coopération. En quelques années nous sommes passé du « est-ce utile ? » à « comment faire mieux ? » Effectivement, si la RSE était auparavant perçue comme une contrainte, elle représente désormais « une opportunité de marché et de collaboration », souligne Thierry Dujardin. Il insiste également sur l’importance de s’appuyer sur des outils de mesures, pour que les entreprises puissent savoir concrètement où elles en sont et sur quels éléments elles peuvent agir. Antoine Frérot appuie sur le fait que l’entreprise est source de solutions, et doit agir sans oublier aucune de ses parties prenantes. Il rappelle que lors de la COP26, certaines d’entre elles ont même décidé d’aller au-delà des objectifs fixés.

Xavier Bertrand semble être en adéquation avec cette idée, et l’exprime cette fois en capsule vidéo au cours de cette cérémonie de clôture. Pour lui, il faut accélérer la mise en œuvre de rev3, il faut aller plus vite, plus loin, car le temps presse, tous les acteurs doivent se mobiliser et coopérer, il faut « mettre du rev3 dans toutes les politiques de la région ». Et naturellement, le World Forum for a Responsible Economy se doit d’être le diffuseur d’expériences, de bonnes pratiques. Tous s’accordent à dire qu’il ne nous sera pas possible d’y arriver sans mesure d’impact, coopération des leaders de chaque entreprise qui doivent s’engager pour une économie plus durable, ou sans méthode pour développer celle-ci. C’est ainsi que méthode, mesure, et coopération doivent impérativement devenir moteur de changement. Pierre Giorgini se dit quant à lui pour « l’optimisme méthodique » et emmène avec lui dans son projet scientifique Ecopost les étudiants de l’Université Catholique de Lille. Un projet sous le signe de la coopération donc, puisqu’il se sert aussi d’évènements comme le salon du livre pour faire la passerelle entre les personnes intéressées.

Des entreprises innovantes pour le monde de demain

 À tour de rôle, startups et entreprises traditionnelles, voire centenaire dans le cas de Blancheporte, ont eu l’occasion d’apporter les preuves d’une économie responsable. Les lauréats, aussi différents soient-ils, ont tous apporté des idées plus innovantes les unes que les autres, mêlant objectif zéro déchet, investissement social, utilisation de produits locaux et économie circulaire. Certains d’entre eux arrivent avec leurs preuves en chair et en os : du compost pour les Alchimistes, des sacs pour Saint-Lazare, du pain pour le Fournil Bio, et même un vélo électrique pour Tripbike. Amélie Debrabandere est séduite par ces différentes réalisations, et se réjouit à la perspective de pouvoir collaborer avec certains de ces entreprises à l’avenir, notamment avec les alchimistes, entreprises de collecte et de transformation des déchets en compost. Quant à Kokpit, c’est le public qu’il a touché avec son idée de couche lavable… et louable ! Thierry Dujardin, lui aussi emballé par tous ces beaux projets, déclare : « notre région a des talents, qu’est-ce qu’on en a de la chance ! »

Et le grand gagnant du trophée de l'économie responsable est…

Blancheporte ! Représenté par Franck Durier, ayant repris l’entreprise en 2016, celui-ci explique avoir entrepris une transformation vers un mode de production plus responsable. La preuve en est, il se concentre sur une opération d’upcyling. Effectivement, chez Blancheporte, les invendus ont une seconde vie : ils sont transformés à Roubaix en une nouvelle collection qui sera ensuite vendue sur le site internet de la marque. L’entreprise installeé à Roubaix en est déjà à sa troisième opération de transformation, et essaye de cette manière de trouver des modèles responsables et une économie viable pour tous. Amélie Debrabandere, très attachée à l’écologie et ayant déjà fait un partenariat avec l’entreprise dans le passé, se dit prête à recommencer sans hésiter. Le partenariat avait à ce moment-là eu pour objectif de faire intervenir la designeuse auprès des habitants du quartier dans lequel Blancheporte était implantée. Cette victoire semble ainsi se placer sous la perspective de nouveaux projets.

Le mot de la fin

Thierry Dujardin et Jean-Pierre Letartre se rejoignent alors sur le plateau pour clore la cérémonie. Thierry Dujardin se réjouit de voir que même les sociétés les plus anciennes relèvent le challenge en intégrant une dimension RSE. Le président de Réseau Alliances a quant à lui commencé par remercier tous les participant au World Forum for a Responsible Economy, sans qui l’organisation d’un tel évènement n’aurait pas été possible. Il poursuit en disant que le World Forum a su s’adapter à son évolution, et devenir un espace de nouvelles idées et de recherche d’action concrète. Il est heureux que le débat sur la question climatique soit désormais clos, pour ouvrir de nouveaux débats. Jean-Pierre Letartre exprime aussi son désir de voir naître au sein du World Forum « un amplificateur de débat »

Une fois de plus, le World Forum s’est révélé être une véritable source d’espoir et de solutions pour l’avenir. Comme nous l’ont montré nos lauréats, il existe bien des manières d’agir. Innover, changer sa façon de faire seront les conditions d’une économie plus durable. Le forum aura encore une fois incité les entreprises qui ne l’avaient pas encore fait à sauter le pas, et encouragé les autres à aller encore plus loin !

Mathilde JAULIN

Découvrez l'ensemble des lauréats de la promotion 2021

L’agriculture en 2050 : traçable, transparente, résiliente

En 2050, on prévoit plus de 10 milliards d’habitants sur la planète, c’est 2,3 milliards de bouches à nourrir en plus. Pour répondre à cet enjeu sociétal, économique mais également environnemental, cette keynote nous propose de délier les problématiques principales liées à notre alimentation.

Comme Edouard Bergeon le décrit, ce sujet touche la terre entière. Entre état des lieux pour changer les idées reçues et promotion de la collaboration entre les agriculteurs et les idées reçues, il nous fait part de ses nombreux projets en lien avec l’agriculture. Fils d’agriculteur, les problématiques de ce monde ne lui échappent pas. Après son film “Au nom de la terre”, il raconte son propre parcours, celui de sa famille et surtout de son père, interprété par Guillaume Canet. Il met également en avant son livre “Cultivons-nous, Bien manger avec les paysans d’aujourd’hui” paru en début du mois, pour promouvoir “la vie de ceux qui nous nourrissent". Son souhait ? Fortifier le lien qui unit les consommateurs avec les agriculteurs, un lien du champ jusqu’à l’assiette.

La traçabilité, enjeu non-négociable

Pour Maxine Roper, l’enjeu réside dans la traçabilité. C’est la mission que Connecting Food, dont elle est la cofondatrice, s’est investie. C’est un tiers de confiance qui manie la blockchain afin de restaurer un lien de confiance entre les consommateurs et leur alimentation. Maxine Roper en est bien consciente; sans la ferme, l’alimentation n’existe pas. Il est donc nécessaire de faire appel à une traçabilité et une transparence, pour permettre aux consommateurs de savoir “d’où vient le produit, où il a été fabriqué, par où il est passé”. C’est pour elle le seul moyen d’assurer aux consommateurs un achat informé et éclairé.

“Faites du bien avec votre épargne, mettez la au vert !”

Quant à Sophie Cucheval, elle nous fait part de la grande ambition de Miimosa, une plateforme de financement participatif consacrée aux projets d’agriculture et d’alimentation durables. La plateforme tire son nom du mimosa, une fleur qui pousse pendant la saison hivernale, symbole d’optimisme et de renouveau. C’est le message de Sophie Cucheval : elle voit une nécessaire transformation et renouveau du secteur agricole, menant vers une consommation plus durable. Elle conseille à l'auditorium : “faites du bien avec votre épargne, mettez la au vert !”

Le secteur agricole : clef d’un développement générationnel durable

Le progrès agricole est une évolution complexe qui nécessite une coordination à tous les niveaux. Edouard Bergeon voit une évolution positive, mais surtout, il tire un constat bien particulier : pour lui, cela ne fait pas de doute, l’agriculture française est la plus vertueuse et la plus durable du monde. Le problème majeur n’est pas un problème de savoir-faire mais de faire-savoir, il faut créer des vocations chez les plus jeunes. Le milieu agricole n’est pas assez attrayant, il pose de nombreux soucis, comme la précarité, l’insécurité, la fragilité, notamment climatique. Pourtant, l’agriculture est un secteur clef de la transition écologique : c’est le 2ème capteur de carbone, après les océans. Il est nécessaire de s’engager, de financer, de soutenir le milieu agricole, de remettre ce secteur au cœur de notre société. Pour lui, la révolution agricole de demain, c’est une agriculture technologique, “avec des drones et des lasers”, ce qui évite l’utilisation de la chimie tout en facilitant le train de vie des agriculteurs. La mécanisation, c’est “le confort pour l’agriculteur” proclame Sophie Cucheval. Comme le rappelle Bertrand Achte, le métier d’agriculteur est un métier d’une vie, lorsqu’on est éleveur, “la traite, c’est 3 fois par jour, 365 jours par an”. Le milieu agricole a besoin d’une aide des pouvoirs publics mais également du monde financier, c’est ainsi que Sophie Cucheval dénonce une réponse financière timide, “pas assez poussée pour répondre aux enjeux sociaux et environnementaux qui se présentent à nous”.

Consommateurs ou consom’acteurs ?

La question est posée : le consommateur est-il prêt à payer plus cher pour ces transformations ? Pour Edouard Bergeon, c’est oui : il illustre son point avec l’initiative “C’est qui le patron ?!”, une marque de produits co-construits en soutien aux producteurs. Les intervenants sont d’accord : oui, les consommateurs (ou plutôt consom’acteurs) sont prêts à payer le prix d’une agriculture plus juste. On assiste à une création de valeur, avec une nécessité de contrôler son coût. Cependant, la transparence et la traçabilité des produits ne sont pas négociables. Ils doivent savoir et surtout comprendre cette augmentation. Les consommateurs ont un pouvoir dans leur poche : 3 fois par jour, à chaque repas, ils votent pour l’agriculture et le mode de production qui leur convient.

L’agriculture en 2050, c’est une agriculture innovante, rémunératrice, au cœur de notre société, qui fait rêver.

Lola BROCHART

La pomme de terre, un secteur agricole durable ?

Dans cette deuxième partie de la conférence “Nourrir la planète : comment massifier une agriculture performante et durable ?”, un focus sur le milieu de la pomme de terre nous permet de creuser des sujets plus techniques et primordiaux dans les changements de paradigmes alimentaires.

“La ferme au magasin” ?

La conférence commence par introduire Stéphane Darguesse, cofondateur de A2pasd’ici, un concept de place de marché implantée au cœur de la Grande Distribution. L’idée ? Ramener “une partie de la ferme au magasin”. C’est un moyen de rendre facilement accessible une alimentation plus saine et plus responsable. Ce réseau de producteurs existe pour fédérer, promouvoir et vendre les produits des agriculteurs plus facilement. Avec la covid-19, on a assisté à une réelle volonté des français de soutenir le milieu agricole en consommant localement. Le projet a pour but de pérenniser cette évolution, en intégrant directement les agriculteurs aux lieux de consommation des consommateurs. C’est une technique qui permet également la création d’un lien de confiance, les producteurs peuvent discuter avec les consommateurs, ce qui facilite le travail de transparence et de traçabilité.

Le marché de la pomme de terre

La présence de Bertrand Achte, agriculteur et président du GAPPI et de Maxence Turbant, directeur agriculture France et Belgique de McCain, nous a permis d'approfondir sur le marché de la pomme de terre. Tout d’abord, comme l’explique Bertrand Achte, l’aspect local de la production et de la transformation de la pomme de terre est logique : c’est une culture plus fragile, emplie d’eau, qui ne peut donc que très peu voyager. Maxence Turbant rappelle l’imposant marché de McCain : ils produisent 1 frite sur 4 en France et en Belgique. La taille de leur marché suppose une empreinte écologique importante, un défi qui a poussé l’entreprise a intégré des valeurs environnementales et sociales à leurs activités. McCain s’engage à l’horizon 2030 de se reconvertir dans l’achat de matières premières issues de l’agriculture de régénération. Le but : remettre le sol au cœur du système de production, ce n’est plus qu’un simple support, c’est un élément à part entière dans la chaîne de production. C’est un engagement qui comprend la réduction des produits phytosanitaires mais également la réduction de l’utilisation de l’eau.

McCain et la crise sanitaire

Pendant la crise sanitaire, McCain a subi une baisse de vente atteignant jusqu’à 70%, avec un excédent de 100 000 tonnes de pommes de terre. C’est par le biais de la contractualisation (1 ou 3 ans) que les agriculteurs ont pu garder une situation financière stable : l’entreprise s’était engagée via des contrats d’acheter malgré les baisses de vente. Ils ont redirigé leur surplus alimentaire vers des banques alimentaires, mais également pour l’alimentation des animaux. Cela souligne l’importance du rôle du groupement et des partenariats, l’intérêt du collectif, en créant une équité entre les producteurs qui travaillent avec les industriels.

Les français prêts à investir dans une pomme de terre durable ?

Selon eux, les français sont bien prêts à débourser plus pour une alimentation plus saine, durable mais surtout locale. Cependant, ils ont besoin de comprendre ce changement, notamment grâce à des normes et des critères de référencement. Il faut cependant rester méfiant face à l’abondance des différents critères qui peuvent mener le consommateur a un flou total. L’utilisation du QR code par exemple pour suivre l’exploitation les techniques de productions, tout le cheminement de la ferme jusqu’à l’assiette est par exemple une belle réponse au problème de transparence et de traçabilité. Bertrand Achte va ainsi mettre en avant le logo HVE, qui permet d’identifier des produits qui garantit une technique et des qualités de production durable.

L’agriculture en 2050, c’est quoi ?

Pour Maxence Turbant, l’agriculture en 2050, c’est une innovation dans les pratiques, avec de nouveaux critères et outils. On parle d’aide à la décision, d’outils de calcul d’apport en eau, de modèles météorologiques, d’outils d’identification du mildiou… Malgré tout, une agriculture plus résiliente, c’est une production avec plus de défauts et de maladie. C’est aux industriels de comprendre comment retirer ces défauts, mais c’est également aux consommateurs qu’il incombe la tâche de comprendre qu’une production propre ne peut pas atteindre le niveau de production actuel. Le secteur agricole est particulier car il n’offre pas la possibilité de tests à foison : contrairement au secteur de l’automobile par exemple, l’agriculture, elle, ne peut faire “qu’un tour de circuit par an”.

Et comme le mentionne Bertrand Achte, l’agriculture se doit régénératrice. Il le rappelle, elle permet de stocker plus de carbone que les forêts, il serait donc nécessaire de miser dessus.

Lola BROCHART

"La transition écologique ne se fera pas sans les territoires"

C’est autour de la dernière table ronde du World forum 2021, que Nicolas Soudon, directeur exécutif des territoires au sein de l’ADEME a échangé avec les autres intervenants au sujet du climat et plus particulièrement de la neutralité carbone.

La table ronde tenue ce mercredi 23 novembre à la CCI Grand Lille a ouvert la discussion autour du partenariat entre entreprises et territoires dans ce processus commun qu’est la transition écologique. 

Le climat : un combat collectif pour les entreprises et les territoires

La neutralité carbone, sujet abordé à plusieurs reprises lors du forum, est un objectif à atteindre pour la réduction des effets de serres qui sont dues à l’activité humaine et qui polluent énormément notre atmosphère. À la suite des accords de Paris, cet objectif de la neutralité carbone a été fixé pour 2050 mais à entendre les intervenants, c’est un objectif qui est encore bien loin d’être atteint malheureusement. 

Malgré tout, Nicolas Soudon relève bien l’importance du World Forum, qu’il décrit comme un « cluster » dans le sens positifs du terme, où les entreprises, les collectivités territoriales ou encore associations peuvent échanger, discuter de leurs opinions, idées et connaissances afin d’avancer ensemble. 

L’enjeu majeur des territoires dans cette transition écologique. 

Nicolas Soudon, directeur exécutif des territoires depuis 2016 au sein de l’ADEME, supervise les différentes actions menées en régions et permet la coordination entre les différents acteurs au sein des territoires. Tout au long de cette table ronde, il souligne l’importance des territoires dans cette transition écologique en affirmant d’ailleurs que « la transition écologique ne se fera pas sans les territoires ». 

En effet, il affirme que nous avons tous un rôle à jouer dans cette problématique du réchauffement climatique et que l’Etat va davantage s’occuper de la législation, des projets à échelle nationale mais n’aura pas les compétences et toutes les connaissances requises sur les différentes régions. C’est pourquoi les territoires jouent un rôle majeur, puisque chacun ayant une grande connaissance de sa région va pouvoir entreprendre des dispositifs plus adaptés pour son territoire. Ce sont bien les territoires qui vont mettre en place un réseau de chaleur, panneaux photovoltaïque et non-pas l’Etat. 

L’ADEME les aide en ce sens à développer des projets par le biais notamment de financement mais aussi, en mettant en relation différents acteurs afin qu’ils puissent coopérer. Effectivement, 80% de leurs aides sont directement reversées dans les territoires. Ce que souligne encore une fois Nicolas Soudon, c’est la nécessité du dialogue, de la transparence et de la prise en maturité des collectivités dans cette transition environnementale urgente. 

Les citoyens, acteurs fondamentaux dans cette coopération et transition. 

De plus, il insiste sur l’importance du citoyen comme élément essentiel avec cette idée que les interventions citoyennes permettent de les sensibiliser à cette transition et de les accompagner. L’ADEME, prend en compte ces interventions citoyennes puisqu’elle va travailler main dans la main avec les collectivités territoriales afin d’améliorer leur quotidien. 

Lorsque Nicolas Soudon évoque cette notion de citoyenneté au sein de cette transition écologique, il fait aussi référence aux étudiants, lycéens qui peuvent d’ores et déjà jouer un rôle fondamental en donnant leurs avis et en proposant des solutions innovantes… 

Camille SAYE HOC LAMOLE

« 61% des consommateurs font plus confiance aux marques et entreprises qu’à l’État pour régler les problèmes environnementaux »

C’est lors d’une conférence sur les différents moyens de faire vivre une marque à l’ère de la transition qu’Alice Vachet, créatrice du podcast l’Empreinte, accueille Laetitia Cousi, Jean-Philippe Sloves et Michael Rogué. Alice Vachet écoute et pose des questions devant une salle attentive. S’en suit alors une séance de questions très riche avec la salle. 

Alice Vachet est la créatrice du podcast l’Empreinte (numéro 1 en France sur les sujets RSE). Laetitia Cousi est responsable RSE France chez Dell Techonlogies depuis 2015. Jean-Philippe Sloves accompagne la transformation de La Redoute en tant que Directeur de la Communication Corporate et de la RSE depuis 2014. Enfin, Michael Rogué est Leader Planet chez Boulanger. Après 15 ans dans la transformation digitale, il a décidé de se consacrer à la transition écologique par conviction. 

Une communication honnête

L’un des premiers points relevé par Laetitia Cousi lors des premiers échanges est la transparence. Il s’agit, selon elle, du meilleur moyen de sensibiliser les consommateurs à la transition écologique. « Il faut être sincère et impliqué et lancer des actions qui auront un impact tant international que local » : la transparence et la sincérité sont clés dans la démarche des actions et des résultats. La communication transparente est très importante chez Dell pour aider les entreprises et les particuliers à recycler leur matériel en fin de vie notamment. 

L’un des principaux objectifs de La Redoute est de permettre aux familles une consommation plus responsable. Cela passe par l’affichage des produits et d’un certain nombre de données. La Redoute travaille en interne pour récolter et mettre à disposition un certain nombre d’information concernant l’impact environnemental de ses produits. De plus, Jean-Philippe Sloves exprime le souhait d’inscrire de volet RSE dans toutes les entreprises et de rendre cette mesure dynamique. « Cette neutralité carbone, il va falloir la justifier et la prouver ».

Michael Rogué nous parle de l’importance de regarder l’ensemble de la chaîne de valeur lorsque l’on fait un bilan carbone et d’aller jusqu’au Scop3 (regarder en amont et en aval de la chaîne de valeur, de la fabrication à l’utilisation). Il nous explique l’importance d’informer le consommateur sur le produit qu’il achète. Il utilise l’exemple d’un ordinateur portable : là où le consommateur a l’impression que le déchet est simplement la boîte en carton, il y a pourtant une multitudes de déchets invisibles. En effet, produire un ordinateur portable nécessite 250kg de pétrole, une trentaine de métaux qui se raréfient, une tonne d’eau, une tonne de déchet mais aussi du CO2 à l’utilisation.

Engager les parties prenantes 

Tous les intervenants mettent en avant l’importance de la coopération et du collectif dans la transformation énergétique. Selon Laetitia Cousi, les enjeux principaux concernent l’écoconception : Dell a innové des programmes très tôt (utilisation de plastique en circuit fermé), réutilise de la fibre carbone du secteur spatial (pour les coques d’ordinateur notamment) et, plus récemment, recycle des métaux rares et de l’aluminium. Toutes ces actions se font en partenariat avec d’autres : « C’est en s’associant avec d’autres entreprises que l’on pourra agir plus fortement sur les aspects environnementaux ».

Selon Jean-Philippe Sloves, l’enjeu concerne les produits et les consommateurs. Chez La Redoute, tous les invendus sont donnés à des associations, l’objectif ‘zéro plastique’ sera atteint en 2030 et dès l’année prochaine, les emballages plastiques les plus petits seront remplacé par du papier kraft. Néanmoins, cela ne peut pas être fait en solitaire. La Redoute a besoin de l’engagement de ses collaborateurs, fournisseurs et d’un certain nombre de partenaires. Jean-Philippe Sloves nous explique que « chez La Redoute, nous pensons que la RSE est une affaire d’engagement des parties prenantes et la communication joue un grand rôle là-dedans »

Michael Rogué nous parle de plusieurs initiatives menées chez Boulanger : un plan de transformation écologique sur les émissions directes, le verdissement des moyens de transport, la baisse dans la consommation d’énergie dans les magasins. Boulanger s’occupe aussi des émissions indirectes qui concernent les marques distribués dans ses magasins en les appelant à l’écoconception. Cela appelle donc à une coopération : « Nous travaillons main dans la main avec les marques pour écosélectionner les produits les plus responsables ». Boulanger propose une relocalisation des savoir-faire, une accélération des services durables mais aussi la meilleure fin de vie possible pour les produits. « Chaque citoyen du monde et d’un pays industrialisé et développé comme la France va devoir adopter son mode de vie vers un modèle plus responsable », soutient Michael Rogué.

Prendre le temps 

Laetitia Cousi déplore une précipitation. Elle nous explique que tout le monde essaie d’agir, ce qui est une bonne chose, mais les actions devraient être plus préparées. De plus, il n’est pas possible d’avoir un produit à empreinte carbone nulle : « On n’évitera pas la compensation carbone ». Parfois, cela n’est pas possible. L’enjeu est donc d’aller au maximum de la réduction et au minimum de la compensation. 

Selon Jean-Philippe Sloves, on ne peut pas basculer du jour au lendemain vers l’écoconception. La transition est progressive : elle se fait au travers du choix des matières, de la production à la demande ou encore des collections recyclés ou upcyclés. « On n’ira jamais au zéro émission » : il faut revenir à un niveau d’activité humaine supportable pour la planète. Le calcul est nouveau pour les entreprises. La Redoute est encore dans l’innovation, l’entreprise investit en interne pour récupérer des données mais cela prend du temps. Par exemple, pour les labels de bois durable, une personne à temps plein est nécessaire pour récolter les données.

Pour Michael Rogué : « plus on avance, plus on se rend compte qu’il faut creuser ». La transition climatique prend du temps. Il nous explique qu’il faut analyser chaque étape du cycle de vie du produit et mesurer au plus fin. Cela prend beaucoup de temps et d’énergie puisque, pour vraiment voir la différence d’impact carbone, il faut entrer dans chaque produit. Mais, malgré cette complexité et l’urgence de la situation, il est très important de le faire pour mesurer. « On doit tous œuvrer ensemble vers une neutralité carbone au niveau mondial ». 

Lucie LERNOULD

« Le niveau de conscience d’une organisation ne peut pas dépasser le niveau de conscience de ses leaders »

C’est au matin de ce troisième et dernier jour du World Forum que nous avons eu la chance d’assister à la conférence portant sur l’amplification au service de l’impact positif. 

Animée par Audrey SAGET et Yaël GUILLON, tous deux co-fondateurs d’ImFusio, cette table ronde s’est rythmée de quatre témoignages engagés portant sur la transformation des modèles d’entreprises. Les invités ont chacun pu présenter leurs visions novatrices de l’entreprenariat dans le contexte actuel de la crise écologique. L’objectif de cette keynote était de donner des pistes pour améliorer la compréhension des enjeux aux services de la transformation du monde. 

Cette présentation s’est ouverte par un propos tenu par Yaël GUILLON. Il a insisté sur le péril dans lequel le capitalisme mettait la planète. En effet, le capitalisme a certes permis à l’humanité de prospérer, mais a également eu des conséquences néfastes sur le climat. Parce qu’il a la capacité de se régénérer incroyablement vite, il reste de l’espoir pour les générations futures selon Monsieur Guillon. L’amplification est un processus qui s’auto-entretient et se dépasse lui-même. S’appuyant sur les points forts du capitalisme, l’amplification vise à atteindre un nouveau seuil de conscience collective. C’est une dynamique exponentielle à impact positif qui joue un rôle à la fois au plan environnemental, sociétal et économique.

Ce processus a pour ambition de « générer des bascules » pour accéder à un autre niveau de conscience qui va permettre de développer de nouveaux procédés d’entreprise. Cette logique de transformation à impact positif comporte trois étapes. Tout d’abord on assiste à la bascule de « mindset ». « C’est une première démarche et en même temps une vraie rupture ». On change la nature de l’entreprise elle-même, sa philosophie et son ambition. Ensuite survient une bascule culturelle qui produit une entreprise contributive. La place du profit est alors modifiée. Il n’est plus perçu comme le but de l’entreprise mais comme une conséquence des activités entrepreneuriales. Finalement cette transformation s’achève par l’entreprise amplifiante, qui cherche à résonner dans une logique inter-systémique, en modifiant son activité de production. Bien qu’il n’existe pas à ce jour d’entreprises ayant atteint ce troisième stade de développement, Yaël Guillon a insisté sur l’importance d’indicateurs de mesure pour que les entreprises poursuivent leurs transitions écologiques.

« Une entreprise prospère parce qu’elle est utile et non l’inverse »

Aurélie LAPIDUS, directrice régionale des Haut-de-France chez Véolia prend la parole, et débute son propos en expliquant les termes de « performance plurielle ». Cela consiste à intégrer la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) au cœur de son business model pour débuter une transition écologique. 

La performance plurielle est une grande ambition, un puissant vecteur de cohérence et d’alignement des pratiques d’entreprise par rapport aux produits et services proposés aux clients. Madame Lapidus insiste : « il est nécessaire d’avoir des leaders inspirants et inspirés ». C’est d’ailleurs le cas du directeur général de Veolia, puisqu’il porte ses convictions jusqu’au cœur de son entreprise. Il était d’ailleurs présent en tant qu’invité au World Forum for a Responsible Economy il y a 5 ans. A cette occasion, il avait donné une conférence au World Forum dans laquelle il avait soutenu qu’une « entreprise est prospère parce qu’elle est utile et non l’inverse ». Ce changement de paradigme donne en effet la marche à suivre pour le monde de l’entreprise et le capitalisme. 

Les questions anthropologiques au cœur du questionnement 

La conférence s’est poursuivie par l’intervention de Claude FROMAGEAOT, directeur du développement durable du groupe Rocher. Il insiste tout d’abord sur le besoin de réinventer profondément la manière de faire société. En tant qu’entreprise, il dit qu’on doit « bouleverse complètement la manière dont on va faire bouger les choses ». Il insiste sur le problème central auquel fait face le monde économique de nos jours : le manque de temps. Ce problème ne permet pas aux entreprises de se projeter loin dans l’avenir. Il dit que le roupe Rocher a réussi à se projeter en vertu de son aspect familial, qui permet d’innover les modes de gouvernance tout en inspirant confiance. 

Pour changer les usines de production, il est nécessaire de transformer radicalement nos visions du monde, ce qui passe par une sensibilisation des collaborateurs. Dans ce contexte d’urgence, il est nécessaire de faire face aux questions anthropologiques de l’homme. En effet pour trouver des solutions il est nécessaire de collaborer entre humains et non entre dirigeants car cela permet de soulever les problèmes du capitalisme sous différents angles. Il est donc fondamental pour une entreprise d’avoir un comité d’extérieur qui va permettre de s’aligner avec les désirs des gens et d’affronter les différents challenges.

Changement des habitudes de consommations : Revenir à des marchés nationaux 

Christelle MERTER, fondatrice de la Gentle Factory, affirme quant à elle que « depuis 2014, la Gentle Factory est bien plus qu’une simple marque de mode. On s’est défini comme une véritable entreprise plateforme ». Madame Merter insiste que le fait que les membres de la Gentle Factory sont des « connecteurs » et des « tisseurs de lien ». C’est une entreprise très soudée dont les membres partagent des valeurs. 

Dans l’urgence actuelle, cette marque doit être viable économiquement parlant, ce qui dépend de plus en plus des attentes des consommateurs par rapport à la question de l’écologie. Heureusement pour la Gentle Factory, il est plus simple pour une entreprise récente d’innover son modèle d’entreprise et de s‘adapter au contexte changeant. 

La Gentle Factory cherche à prolonger la durée de vie de ses produits. Dans cette optique des vases en coton recyclé ont été produits. Le but est de trouver des alternatives de vie au produit initial. Cette marque se concentre sur le marché français. En effet, leurs engagements écologiques perdraient du sens s’ils exportaient à l’international. Comme Audrey Saget a très justement remarqué, il serait en revanche beaucoup plus intéressant d’expandre leurs savoir-faire à l’étranger, pour faciliter le développement d’entreprises semblables. 

« Faire vivre des vacances tout sourire sans empêcher celui des générations futures » 

Nicolas Beaurain est le dernier à témoigner. C’est le directeur général du groupe Maeva, une plateforme de services dédiée à la location de lieux de vacances. Ils réfléchissent à des initiatives pour assurer les « sourires des générations futures ». Le groupe Maeva a donc créer des concepts de vacances éco-engagées. Ce virage a commencé en 2014. Cela fait donc 7 ans que le sourire est au cœur des mesures de performance extra-financière de cette entreprise. Depuis quelques années il y a eu une accélération de leurs mesures éco-responsables. En effet, les gens souhaitent désormais partir en vacances dans des lieux authentiques. Leurs attentes sont métamorphosées par l’urgence climatique, ce qui nécessite une réorganisation des services proposés.

La Keynote s’acheve avec optimisme. En effet, le World Forum for a Responsible Economy permet de se rendre compte du tournant des pratiques d’entreprises. Prenant une vitesse accélérée, il a été possible de constater que chacun se situe sur la même longueur d’ondes et que la pression des consommateurs accentue ces multiples transitions qui ont déjà débutée dans de nombreuses entreprises. 

Flora GARDE

Jérémie Fontanieu : projet Réconciliation contre le décrochage scolaire

C’est lors du temps fort Call & Care que Jérémie Fontanieu, professeur de SES au lycée de Drancy, s’est exprimé sur son projet Réconciliation visant à lutter contre le décrochage scolaire au travers d’une méthode « tripartite ». Cette méthode est, en effet, basée sur une relation de confiance et de solidarité entre les professeurs, les parents et les élèves afin de leur garantir un avenir ambitieux. 

Son projet Réconciliation, en partenariat avec d’autres professeurs, a permis de redonner aux élèves des motivations pour travailler mais également de une confiance certaine en leurs capacités. Jérémiex Fontanieu insiste sur l’importance du collectif et de ce partenariat avec parents et élèves. 

Que représente pour vous le World Forum ? Et quels sont vos attentes concernant cet évènement ? 

Ma venue au World Forum est une invitation à discuter de ce projet sur lequel je travaille depuis maintenant plusieurs années. Même s’il ne concerne pas les Hauts-de-France, c’est un projet qui leur a semblé intéressant étant donné que cela concerne le décrochage scolaire. Qui plus est, ce sujet me concerne au vu de mon travail d’enseignant. De ce fait, je pense que le World Forum for a Responsible Economy va permettre de pouvoir présenter notre projet à un plus grand nombre de personnes, et nous permettre de créer des liens entre les actions d’autres invités de la table ronde et mes actions au sein du lycée dans lequel j’exerce. 

Lors de la table ronde, vous avez dit que « la réussite des enfants dépends de nos efforts à tous ». Pour vous, quels sont les leviers qui permettent cette réussite et permettent également de lutter contre le décrochage scolaire ? 

Je ne sais pas s’il y a une réponse unique à votre question, mais en tant qu’enseignant, je pense que chacun est différent et peut contribuer de différentes manières à ce projet. Si l’on prend l’exemple des professeurs, beaucoup d’entre eux n’ont pas forcément envie de travailler avec les familles et je pense qu’il est important de respecter cela. Il faut respecter les envies de chacun. Je crois vraiment que, dans l’éducation nationale comme ailleurs, le plus important, c’est d’être fidèle à soi-même et à ses valeurs. Il faut faire les choses avec envie. Nous, ce projet, on l’a construit comme un reflet de ce que l’on est. On n’a pas envie de l’imposer à tous. En revanche, si d’autres professeurs veulent participer et se joindre à nous, c’est avec grand plaisir. 

Quel serait votre message pour les futures générations ? Quels conseils leur donneriez-vous ? 

Je pense qu’il faut rester fidèle à soi-même parce que les ressources dont nous disposons sont considérables. On a tendance à beaucoup se sous-estimer alors qu’au contraire, il faut se dire que beaucoup de choses sont possibles et qu’on est capable de les accomplir. Je ne sais pas s’il faut être optimiste, mais en tout cas, l’être peut favoriser le changement. 

Comment envisagez-vous le futur de votre projet Réconciliation, Call & Care ? 

Pour ce qui concerne notre projet, nous venons de finir la phase d’élaboration, afin de mettre en place cette méthode. Maintenant, notre but c’est de tout simplement la diffuser, tout en étant rejoint par des professeurs intéressés et engagés. On a d’ores et déjà une dizaine de classes tests, réparties dans toute la France. Celles-ci se basent sur notre méthode. Et notre but, dans les années à venir, c’est de la diffuser un maximum pour que toute personne intéressée puisse nous rejoindre. 

Camille SAYE HOC LAMOLE