31A - A vos assiettes !

Quel sera notre alimentation dans le futur ? Comment allons-nous réussir à nourrir une population de plus en plus nombreuse ? Produire plus et de meilleure qualité, les Français sont prêts à franchir le pas : 72% d'entre eux sont prêts à acheter des produits bio plus coûteux s'ils ont un meilleur impact écologique. Passer des protéines animales aux protéines insectes, ou végétales, limiter le gaspillage et revoir notre agriculture : telles sont les solutions proposées.
« D’ici 2030 nous serons 9 milliards »
Jean Bernou, PDG de Mccain, dresse un constat alarmant : il faut à tout prix réadapter notre agriculture, notre modèle n’est plus soutenable. On se confronte à de nombreux challenges : le manque de terres cultivables, l’épuisement de ces terres, ou encore l’exode rural. De plus, aujourd’hui, les consommateurs recherchent une nourriture saine, locale et de saison (et respectueuse de l’environnement) et sans danger (pas d’hormones, ni engrais chimiques). Ils veulent savoir d’où vient leur nourriture. Il faut donc réinventer l’agriculture. Comme l’explique Jean Bernou, de nombreuses opportunités s’offrent à nous : exploiter les nouvelles technologies (comme les drones) pour nous permettre de traiter des parties précises du champ et ainsi limiter l’utilisation de pesticides, utiliser des produits naturels en substitution des produits chimiques, ou encore développer de nouvelles variétés par des croisements naturels. Il existe donc des solutions, mais il faut les encourager davantage.
Des insectes bientôt dans nos assiettes ?
Claude Girard est le cofondateur de Tottem Nutrition, au Canada. Ce chef a commencé à cuisiner les insectes dans les années 1998. Ce n’était pas encore la tendance à cette époque. Puis il a eu cette prise de conscience : actuellement, nous consommons beaucoup trop pour notre planète. « Arrêtons d’épuiser notre terre ! ». C’est pour cela que Claude Girard cherche à développer et démocratiser les insectes dans le monde. L’élevage d’insectes nécessite 300 litres d’eaux et 25 fois moins de nourriture que pour du bétail et il nécessite beaucoup moins d’espace. Leur apport en énergie est très élevé : « Les insectes ont un très haut taux de protéines ». Et ces petites bêtes peuvent avoir deux usages : pour notre consommation ou alors pour nourrir naturellement les animaux en élevages. Pour continuer à développer son entreprise, Claude mise sur une collaboration étroite entre le gouvernement, les centres de recherche et les entreprises. Preuve de son soutien, le gouvernement canadien a accordé une subvention pour le site de Claude situé à Laval, au nord de Montréal.
L’objectif final de Claude Girard : stabiliser le désordre alimentaire avec une nourriture plus saine et respectueuse de l’environnement. Cela passe par la création d’un écosystème de production avec à la clé 0% de déchets. Les commandes affluent ! De nombreuses compagnies achètent les insectes de Claude pour en faire des produits alimentaires comme de la farine ou des pâtes. Les insectes ont un avenir prometteur et ça ne va pas s’arrêter, loin de là ! Les entreprises pharmaceutiques s’intéressent de plus en plus aux insectes. Pour encourager la consommation des insectes, le cofondateur de Tottem Nutrition encourage aussi les jeunes chefs cuisiniers à utiliser cette nourriture. Préparez-vous, les insectes arrivent !
Protéines végétales
Christophe Rupp-Dahlem travaille pour Roquette. Cette entreprise achète des matières premières afin d’extraire les protéines, et ainsi de développer de nouvelles formes d’aliments. Chez Roquette, ce sont près de 8000 personnes qui travaillent dans différents sites situés en France, en Inde, aux Etats-Unis… Ses laboratoires de recherches essaient de trouver de nouvelles solutions pour répondre à nos besoins énergétiques. Christophe Rupp-Dahlem cherche aussi à répondre à un problème : « les consommateurs veulent qu’il y ait moins de sucre et de gras dans leurs aliments, mais ils ne veulent pas perdre le goût », explique-t-il. Les protéines végétales permettraient donc de créer des produits alimentaires plus léger.
La production de protéines végétales présente plusieurs avantages : elle consomme moins d’énergie, moins d’eau et nécessite moins d’engrais.
L’intérêt pour les protéines végétales grandit de plus en plus. Pour l’instant, ces protéines séduisent surtout le Canada et les Etats-Unis. Et Christophe Rupp-Dahlem est optimiste : « Aujourd’hui le marché mondial de la protéine pèse 32 milliards d’euros, et il va continuer à croître ». En cause : une croissance démographique de plus en plus forte. « Les protéines végétales ne sont pas la solution mais peuvent concourir à la solution. »
Alors qu’aura-t-il dans nos assiettes ? Des grillons ? Des aliments à base de protéines végétales ? Ou autre chose encore ? Une chose est sûre : il est temps de changer notre alimentation et il existe plein de solutions.