13C - L'éducation : Une nouvelle course vers la révolution ?

Pour Isabel Sebastian : nous n'avons pas su remettre en cause notre système éducatif , qui a buté sur de nombreux obstacles depuis 60 ans. La faute à un système et un mode d'enseignement de plus en plus vieux. L'objectif d'ici 2030 est de mieux préparer les générations actuelles et futures à une course de fond et non de vitesse.
Dans cette course pour l’éducation c’est actuellement chacun pour soi, il faut insuffler davantage de coopération. Face à cette distance qui se creuse, et l’essoufflement de nos systèmes éducatifs se dressent Marjo Kyllönen, Babacar Diop et JP Jeanrenaud qui donnent une bouffée d’air frais pour remettre tout le monde sur la même ligne de départ.
« Un futur ne peut être réussi sans un renouvellement de notre système éducatif »
Marjo Kyllönen est la première à prendre la parole : « Nous ne pouvons prédire notre futur précisément. Néanmoins avec l’éducation nous pouvons lui donner une forme globale ». Nous avons besoin d’un nouveau design d’école. Pour attirer notre attention, cette finlandaise compare notre système de production avec notre système éducatif. Notre système de production a évolué mais qu’en est-il de notre système éducatif ? Celui-ci est resté figé.Selon elle, l’école du futur doit être un système collaboratif et flexible focalisé sur la participation et la collaboration entre les élèves. L’école doit aussi favoriser le développement d’une pensée critique, et encourager davantage la créativité. L’idée a déjà été expérimentée en Finlande. Marjo Kyllönen reconnaît que la mise en place de ce système dans son pays ne s’est pas fait du jour au lendemain. Cependant les premiers résultats sont là et ils sont bons : Les élèves ont des bons résultats et les écoles finlandaises sont parmi les meilleures sur la questionde l’égalité des chances. A quand notre tour ?
Le combat de Babacar
Babacar Diop, détendu dans son costume bleu, cite en souriant cette phrase de Nelson Mandela : « l’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde ». En 2014, ce second intervenant a réussi à développer un programme numérique qui vise à réduire les inégalités sociales au Sénégal. « Nelson Mandela m’a beaucoup inspiré », nous confie-t-il. On comprend alors de suite son attachement à la lutte contre des inégalités. Mais le chemin est long et semé d’embûches, Babacar déplore les difficultés auxquelles il fait face : les professeurs mal formés aux nouvelles technologies, les inégalités entre les enfants des villes et des campagnes, le niveau d’éducation plus ou moins haut dans chaque famille... Malgré cela, Babacar propose une solution innovante :« mJangale », un projet qui cherche à initier les jeunes de 5 à 18 ans aux sciences, aux technologies, à l’ingénierie et aux mathématiques. Les élèves issus des milieux les plus défavorisés se voient offrir des formations et des cours avec des professionnels. Le résultat est surprenant ! Les enfants apprennent rapidement et se lancent dans d’audacieux projets : créations d’applications, de bracelets connectés, de sites webs. Par la suite, la plupart de ces jeunes effectuent des stages dans les entreprises partenaires du projet. Babacar s’en félicite : « Ces capacités vont permettre à ces enfants de s’insérer dans le marché du travail ». Aujourd’hui, mJangale est présent dans trois villes au Sénégal (Thiès, Dakar, Zinginchor), et ce sont plus de 750 élèves formés en trois ans. Babacar espère continuer à former d’autres enfants. Prochain objectif : Saint-Louis et pourquoi pas l’Afrique tout entière, Babacar en rêve !
« Nous n’avons qu’une seule Terre »
« Est-ce que notre système éducatif actuel s’inscrit dans nos défis sociaux,environnementaux et économiques ? » La réponse de Jean-Paul Jeanrennaud est négative : « Nous avons un besoin urgent detransformer notre système éducatif ». Il cite le modèle finlandais comme exemple. Selon lui, promouvoir l’éducation c’est assurer un monde prospère pour tous et nous éviter un futur compliqué. Jeanrennaud lance un appel au monde : « Nous n’avons pas le temps d’être nationaliste, raciste […] nous devons travailler les uns avec les autres ». C’est l’objectif de One Planet Education : former les futurs patrons à des pratiques plus responsables à la fois pour le travailleur et pour la planète. La coopération est nécessaire entre les éducateurs, les élèves et les employeurs. Chacun à quelque chose de nouveau à apprendre à l’autre. Pour arriver à des transformations notables, il faut que ces changements soient soutenus par les académies et les entreprises. Elles doivent travailler conjointement. Il faut ainsi assurer une coopération et une compétition plus juste, avec l’aide des gouvernements. One Planet Education prône une éducation de l’entreprise qui respecte la planète, la paix, et combat les inégalités. Il rajoute :« Pour protéger notre planète nous devons la connaître », il nous recommande donc de sortir voir le monde, de le découvrir. C’est aussi une forme d’éducation. Dernier point important selon lui : il faut donner un côté ludique à l’apprentissage, apprendre en s’amusant.
Mathieu Carpentier