35B - Et si on rêvait ?

Il nous arrive à tous de rêver. Cependant, il n'est du ressort que d'une faible minorité de transformer ses rêves en réalité. Fabien Courteille, Louis Faure et Camille Meloto sont de ceux-là. Inspirons nous d'eux pour, pourquoi pas, leur empiéter un jour le pas.
Le premier d'entre eux s'appelle Fabien. Comme vous et moi, Fabien a un parcours commun: après avoir obtenu son baccalauréat, il poursuit ses études dans le supérieur pour finalement obtenir un master en entreprenariat. A ce moment là, Fabien va alors se poser des questions qui détermineront son parcours et sa profession: en tant que jeune entrepreneur, que veut-il créer, et apporter à la société ?

En recherche d'inspiration, il part finalement aux Philippines, à la rencontre de Antonio Meloto. Homme d'affaire prospère, ce philippin s'est reconverti dans le social business en 1995, afin de sortir des millions de philippins de la pauvreté. Préparez-vous, une fois n'est pas coûtume, lui aussi a tendance à nous faire rêver: en 20 ans, il est parvenu à sortir plus d'un million de philippins de la pauvreté, en transformant des bidonvillles en villages reponsables et auto-suffisants. Ainsi, Fabien est allé le rencontrer, dans un village présenté comme la future Silicon Valley de l'entrepreunariat, made in Philippines. Ce village était frappé par un chômage très élevé et une forte précarité, obligeant les femmes à quitter leur foyer pour aller servir d'aide domestique en Malaisie ou à Hong-Kong.

Frappé par leur situation apparement sans issue, Fabien a alors mis ses atouts de jeune entrepreneur à profit: Dans ce village, la main d'oeuvre était disponible en grande quantité. Le marché philippin ne demande qu'à se développer. Les femmes avaient des formations de coutûres, travaillant auparavant dans des manufactures produisant des vêtements. Il avait également remarqué que les nombreux enfants du village n'avaient pas de jouets, ne se distrayant qu'avec ce qu'ils trouvaient, c'est à dire des bouteilles en plastiques ou des journaux en papier. Un business était né: Force d'imagination, Fabien imagina de créer des poupées en tissu pour les enfants, en forme de fruits et légumes. Représentant des célébrités philippines, elles étaient fabriquées par ces femmes qui en avaient les capacités. Rapidement, son entreprise connu le succès. Après des débuts compliqués, Plush and Play, unique producteur de jouets à l'échelle nationale, se commercialisa dans nombres de magasins philippins. A grand coups de communication, comme lorsqu'il est parvenu a animer un atelier de création de poupées en présence du champion national de basket, Fabien est finalement parvenu à exporter ses produits, aujourd'hui présents aux cotés des peluches des plus grandes entreprises telles qu'Hello Kitty et Walt Disney. Tout en sortant ce village de la pauvreté, et en permettant aux femmes de conserver leur liberté auprès de leur communauté.
Oui Fabien a fait de son rêve une réalité. Accrochez-vous, il ne sera pas le seul de la journée à nous faire rêver.

Camille Meloto est à son tour parvenue à créer un social business à succès, sur les traces d'un certain Antonio … Meloto ! Digne fille de son père, elle a créé une entreprise responsable commercialisant des cosmétiques tels que de shampoings ou des savons, nommée Human Nature. Elle ne fait travailler que des philippins que son père a sorti de la pauvreté, et ce dans le respect de la biodiversité. En quelques années, elle est déjà parvenu à embaucher 411 employés, pour des salaires supérieurs de 70% à ceux minimums autorisés, pour un total de 32 magasins d'ores et déjà implantés. Cette réussite, elle la tient de l'exemple qu'est son père, de sa volonté de fer, et de sa croyance inégalée en l'humanité et à la possibilité de créer de nouvelles réalités: « You never change things by fighting the existing reality. To create something different, we should build a model that makes the existing model obsolete». Elle est aujourd'hui parvenue à concilier la recherche de profits et la résolution d'un problème de société. Tout nous laisse penser qu'au vu de son ambition, elle n'est qu'au commencement d'un superbe projet.

A l'image de Fabien, Louis Faure se demandait que faire de ses capacités une fois sorti d'HEC. Alors que tous ses camarades intégraient la City ou étaient attiré par la Silicon Valley, lui décida de prendre le temps de la réflexion et de partir le plus loin possible de son petit quotidien français. Hasard ou pas, il atterrit aux Philippines comme un certain … Fabien, afin d'effectuer un stage à la ferme enchantée de l'ONG Gawad Kalinga, fondée par notre cher Antonio Meloto ! Dès son arrivée, il fut frappé par une dure réalité: en effet, il avait appris de philippins voisins que leur rêve à eux, de manière unanime, était de sortir leur famille, et plus globalement leur pays de la pauvreté. Malheureusement, ils n'en avaient pas la possibilité. Lui au contraire, avait toujours eu des opportunités, étant né dans un pays développé et étudié dans une grande université. Ce fut la révélation.

Pendant 6 mois, il reste vivre aux cotés de ces philippins exerçant le métier de fermier, vivant au milieu des cochons, des canards et des poulets, et repoussant chaque jour la banqueroute de cette économie désespérée. A son tour, il finit alors par craquer, et faire parler ses talents d'entrepreneur engagé, trop préoccupé par la situation de ces fermiers abandonnés, prolongeant son stage de 6 mois à deux pleines années: il monte en 2014 une entreprise sociale du nom de FreeBirds, qui achalande les centres urbains de poulets bios de bonne qualité, élevés par un réseau soudé de petites exploitations de fermiers. Aujourd'hui de retour en France pour achever ses études à HEC, il n'attend qu'une chose: retourner aux Philippines, et transformer son rêve en réalité.
Tous les rêves peuvent devenir réalité si nous avons la détermination et la volonté suffisantes pour les réaliser. Qui sait, peut-être qu'un jour, le votre aussi finira par être exaucé ...
Gustave Lebeau - ESPOL Lille