Atteinte au capital naturel : réagissons !

Stop à la fatalité face aux externalités négatives ! Positivons : ensemble, nous pouvons créer un nouveau modèle d'entreprise, respectueux du capital naturel. Pour cela, deux étapes majeures : la prise en compte de nouveaux indicateurs, et la réinvention des corporations.
Il est indéniable que l’on accorde une grande importance au PIB : les gouvernements s’affairent dans l’espoir de voir ce chiffre augmenter. Mais on oublie souvent son incomplétude. D. Bozonnet, expert environnemental auprès d’un groupe forestier papetier s’est attaché à répondre à cette question. Loin de faire l’apologie de la décroissance, il propose seulement de se tourner vers de nouveaux indicateurs. Il présente un « indice de soutenabilité », qui intègre des dimensions sociales et environnementales à des préoccupations purement économiques. Cela entraine donc une véritable prise en compte des atteintes portées au capital naturel. S’ensuit une prise de conscience générale de l’importance de la préservation de cette ressource. Les indicateurs sont donc des outils décisifs permettant de faire réagir une population.

La deuxième étape de responsabilisation des comportements doit être amorcée par les corporations. Ces dernières ont en effet un poids décisif dans la gouvernance mondiale, et elles doivent donner l’exemple du changement. Pavan Sukhdev, rédacteur principal du rapport du PNUE* « pour une économie verte », évoque le thème de la réinvention propre à cette neuvième édition du World Forum de Lille et l’applique aux corporations. Il soutient que « nous devons passer de l’ère du business qui cause des dommages collatéraux au business qui provoque des avantages collatéraux. ». Les géants du monde de l’entreprise d’aujourd’hui sont en effet caractérisés par la volonté de toujours s’agrandir, un lobbying agressif et une publicité sans éthique. C’est ce qu’il appelle le modèle des corporations 1920, et il est nécessaire d’évoluer vers les corporations 2020. Ces dernières proposeraient une publicité responsable, et un lobbying plus éthique.

Respecter le capital naturel, c’est possible. Cela requiert simplement une modification des comportements à l’échelle de l’entreprise et des personnes.



*PNUE : Programme des Nations Unies pour l’environnement

Hélène Odier

11A Capital naturel