Stop à la  mal-fringue , place à une mode intelligente !

 Tout le monde doit pouvoir accéder à une mode contemporaine, de créateurs de qualité, qui respecte la santé humaine et environnementale et améliore le bien être.  Collectif de l'Herbe Rouge
Oyez, oyez amis consommateurs ; la mode se réinvente ici et maintenant ! En l’espace d’une journée et de deux conférences, des professionnels de la mode venus du monde entier vous donnent les clés pour comprendre les nouvelles pratiques pionnières dans ce secteur. Il s’agit d’Annick Jehanne à l’origine de Hubmode France, Kyung Ae Han de la marque Re-code de Corée du Sud, Tomas Pando fondateur de la marque Paez d’Argentine, Irene Lu patronne de Pillowbook en Chine, Arielle Levy du collectif Herbe rouge, et enfin Pascal Dubois, expert en créativité.

Trois jeunes entrepreneurs ambitieux qui révèlent un nouveau savoir-faire

Annick Jehanne se lance la première, martelant l’objectif d’Hubmode : proposer une formation rapide et ludique à tout l’éventail des métiers qui composent le monde de la mode, tout en offrant un réseau professionnel complet.

C’est alors Kyung Ae Han qui s’avance sur scène, vêtue de ses propres confections. Son entreprise coréenne part d’un constat alarmant, à savoir le gaspillage des vêtements non-vendus en commerce. Elle souhaite donc utiliser ces invendus, et les mixer avec d’autres textiles de récupération comme la toile de parachute ou les airbags, pour concevoir ses créations. Pas moins de vingt-deux marques font parties de son groupe, qui confie la décomposition des textiles à des handicapés mentaux, le design à des designers indépendants et qui privilégie l’emploi local des couturières coréennes. Grâce à une campagne de publicité astucieuse et une production croissante, Re-code a ouvert un espace de partage mêlant livres, vidéos et ateliers de sensibilisation sur l’environnement. En bref, une petite entreprise qui s’inscrit dans un mouvement de réinvention de la mode et qui souhaite montrer l’exemple. 

C’est au tour de la plus jeune chef d’entreprise de ce World Forum de Lille 2015, Irene Lu, fondatrice de Pillowbook d’intervenir. La tête dépassant à peine du pupitre en bois, elle entame avec enthousiasme son speech : « Vous connaissez tous le Kamasutra, non ? ». Le rapport, me diriez-vous ? C’est sans ronds de jambes qu’elle introduit sa marque de lingerie, lancée en Chine, pays pourtant très peu réceptif au sexe. Dans son atelier visitable 5 jours sur 7, trois petites mains de fée travaillent du lundi au vendredi sur des soutiens gorges de qualité, sur mesure et personnalisables. Tout est fait sur demande, objectif zéro gâchis !

L’Argentin Tomas Pando, lui, a tout misé sur l’alpargata, autrement dit l’espadrille argentine. Après avoir construit sa première usine de 25 salariés, il exporte maintenant dans une vingtaine de pays du monde. Et visiblement, ce succès, il le mérite ! Le jeune chef d’entreprise offre une nouvelle vision grâce à la transparence vis à vis de ses clients sur son produit, tout en ayant un impact social sur ses salariés. Premiers salariés détenteurs d’actions,ouvriers formés en cours secondaire ou en anglais, travail collaboratif avec des prisonniers ; toutes ces actions ont abouti vers la certification d’un label B, qualifiant l’action de l’entreprise non « pas meilleure pour le marché, mais meilleure pour le monde ».

C’est la dynamique Arielle Levy qui conclut cette séance en présentant le collectif de l’Herbe Rouge*. Son but ? Dire stop à la mal-fringue et à l’uniformisation des produits ! Le vêtement, c’est votre seconde peau, il faut donc revenir à la qualité, à l’innovation, en étant capable de répondre à la question du consommateur ; « Who made your clothes ? », arrêter de penser uniquement au porte monnaie, mais se soucier de sa provenance : Bangladesh par exemple. La mode, sujet futile ? Pas tant que ça si l’on considère son impact sur l’agriculture, la santé, l’industrie, l’économie, le commerce et les relations internationales.

« Learning by doing », ensemble

Hubmore, lors d’un Creative Lab orchestré par Annick Jehanne, réunie en petits groupes des participants devenus pour l’occasion créateurs d’une entreprise de mode. Un objectif, imaginer son avenir dans cinq ans : que fera t-elle, pour qui et comment ? Les thèmes sont variés : grands magasins, services, applications, boutiques… Dès lors, les groupes s’interrogent sur leur stratégie de développement, tout en s’inspirant de la conférence précédente , et d’une mode plus responsable. Comment fidéliser le client ? A quel consommateur a t-on affaire ? Et surtout, comment construire une meilleure mode tout en faisant du profit ? Des mots clés jaillissent : Dimension sociale, consommation participative, vêtements recyclables, impression 3D, client, consomm’acteur, hyperpersonnalisation. C’est ensemble que les langues se délient et trouvent des solutions faciles , pratiques éthiques et simples. cet échange interactif rassemble les idées qui se définissent alors par des actes communs plus vertueux, plus responsables et conscients qu’un habit a une valeur sociale.


Alexia LIMA (9D/12K)