Renaître de ses cendres !

Trois cas concrets, trois interlocuteurs étrangers du bout du monde, Otavio BARROS, David ENGER et Maarten VAN DE VOORDE, un seul objectif: repenser le développement d'une ville lorsque celle-ci a enduré, ou endure toujours une crise majeure.
Dans le cadre de l'événement Renaissance organisé par Lille3000, trois acteurs du changement s'accordent au profit de la croissance, et c'est O. Barros qui ouvre le bal.
Président de la coopérative de tourisme Vale Encantado d’une des favelas au coeur de la forêt urbaine de Rio de Janeiro, O. Barros vit parmi la communauté Alto da Boa Vista. Il expose le modèle de durabilité et de développement social qui permet à la communauté de subsister, mise de côté par les pouvoirs publics brésiliens. Ainsi, la communauté assure elle-même des services primordiaux, comme l’assainissement de l’eau. Par ailleurs, elle se retrouve encore plus isolée que sa géographie ne le suppose, puisque les pouvoirs publics ne mettent en place qu’un système de transport très mal desservi, à savoir 3 bus par jour en destination de la ville.
Pour trouver un travail et subvenir à leurs besoins, les habitants ne se voient offrir qu’un seul choix : renoncer à leur espace, migrer ! Face à ce phénomène d’exode incité, Otavio s’insurge. A travers l’action de la coopérative, il répond à l’inaction du gouvernement en créant de l’activité et des services sur un modèle écologique dans la région, afin d’éviter aux habitants de la favela de partir. Ces activités visent essentiellement les touristes, et consiste à les informer en leur proposant des randonnées dans la région, leur faire connaitre la musique et la gastronomie locale. Somme toute, Otavio veut partager sa philosophie et celle de la communauté, qui les pousse à vouloir rester dans leur espace, quand les pouvoirs publics décident « arbitrairement, à portes fermées » de ce qui ne les concerne pas.

De son côté, D. Enger, directeur exécutif de la New Economy Initiative, s’alarme de la situation de Détroit (Michigan), qui vivait auparavant dans l’abondance économique. Il n’en est plus de même aujourd’hui ! Suite à la crise de 2007, une grande partie de la population a déserté la ville, à la recherche d’autres opportunités professionnelles. Cependant, pour la population restée sur place, les identités sont profondément divisées. La fragmentation de l’espace entre la ville et la banlieue en est l’illustration : l’une populaire, l’autre plus aisée. La New Economy Initiative incarnée par David veut lutter contre ce phénomène de fragmentation, et cherche à retrouver cet état de paradis perdu. L’entreprise veut engager la population dans ce processus de renaissance : elle sensibilise les habitants de la ville de Détroit via une mise en relation avec des entrepreneurs et investisseurs, ainsi que divers concours organisés par New Economy Initiative.

Quant à M. Van de Voorde, urbaniste hollandais dans la branche belge du cabinet d’architecture West 8, dévoile le cas de la réhabilitation d’un quartier industriel de la ville d’Eindhoven en Belgique, anciennement utilisé par le géant du numérique, Phillips.
L’implantation de Phillips dans la ville d’Eindhoven a fortement profité à la celle-ci ainsi qu’à sa population en offrant du travail, et en investissant l’endroit. Ce processus a toutefois été réalisé sans réfléchir à ce qui allait se passer après son passage, alors que la ville doit être le terrain de l’adaptation par excellence.

Le travail de Maarten a été de restructurer et d’adapter le quartier à très grande échelle, de sorte qu’il devienne viable et agréable pour les habitants. Rien n’a été laissé au hasard dans cette histoire ! Le cabinet West 8 a choisi de donner aux riverains l’occasion de s’approprier le terrain qui se prépare bientôt à les accueillir. Il a aussi fait le choix de garder l’authenticité des bâtiments Phillips, doublée d’une nature plus agréable et écologique. Le but ? Créer une ville créative.

Leur engagement dans la (re) création d’un monde plus durable, plus égalitaire pour les populations du monde entier est un exemple inspirant qui rappelle une fois de plus le but du World Forum. Trois cas concrets, Trois acteurs du changement, et pourtant, une seule préoccupation : recréer la croissance via la renaissance.

Salomé Mourier (ESPOL) 5D