Que le World Forum commence!

Un thème inspirant, “une nouvelle croissance”, de grands dirigeants qui viennent débattre et présenter leur vision de leur avenir, des ingrédients qui lancent cette 9ème édition du World Forum de Lille avec panache.
La plénière d’ouverture débute dans une atmosphère amicale et enthousiaste. Le discours de Philippe Vasseur, plante le décor des “​trois jours, pour se projeter dans l’économie de demain”,​avec des gens qui la font”​. Pour alléger toutes ces réflexions graves, les élèves du cirque de Lomme ont fait sensation en surprenant le public par leur originalité et leur poésie. Six dirigeants de grands groupes ont eu l’occasion de venir présenter leurs visions d’une nouvelle croissance. Représentant à eux seuls, pas moins de 420 milliards d’euros et 1 million de collaborateurs.

De nouveaux challenges

Des bouleversements attendus ou inattendus ont poussé certaines entreprises à réinventer leur croissance. Didier Leroy, vice ­président exécutif de Toyota, explique comment il a dû faire face à la catastrophe du tsunami au Japon et à la crise. Toyota, qui connaissait une croissance continue depuis 70 ans, s’est retrouvé subitement dans un modèle inconnu. Alors que le monde change très vite, avec l’accélération des progrès - robotisation, , bigdata...­ - Michel Landel, directeur général du groupe Sodexo, souhaite d’ailleurs que ces progrès renforcent la qualité de vie.​ L​e numérique est la clef de ces challenges. Le 7ème opérateur mondial, Orange, qui possède plus de 240 millions de clients, est au centre de cette révolution. Il en retire une “grande responsabilité​” selon son PDG Stephane Richard. Qui passe parfois par le sacrifice du chiffre d’affaires. Pour Monique Leroux, présidente et chef de la direction du mouvement des caisses des jardins, la révolution numérique vient transformer la façon dont les humains travaillent, consomment, communiquent. Et le modèle collaboratif pourrait permettre de relever ces défis, qu’ils soient environnementaux,démographiques ou sociaux.

Valoriser l’humain

“Nous ne parlons plus d’être à tout prix le n°1 en chiffre d’affaires mais, le n°1 dans le coeur du client”​affirme Didier Leroy. Être utile à la société devient sa cible prioritaire et, selon lui, la croissance coulera de source. Pour Stephane Richard, il est important d’éviter une fracture numérique à la fois de la connéctivité et des usages. Cela passe par le développement des réseaux là où il n’y en a pas, notamment en Afrique, et par des programmes de formation numérique qui ont d'ores et déjà, formé plus de 80000 personnes. Cependant, se soucier de l’humain, c’est aussi se soucier de son bonheur. C’est pourquoi, la nouvelle croissance que Michel Landel propose est facilitatrice et créatrice des relations humaines. Concrètement, son entreprise, Sodexo, joue un rôle décisif en matière d’emploi et d’évolution sociale. De son côté, Monique Leroux, plaidoie pour une économie plurielle qui laisse place à des entreprises familiales, publiques, coopératives... car se sont des entreprises qui ont le souci de l’humain.

Des acteurs engagés pour l'environnement

Toyota, s’attache à réduire les émissions de gaz à effet de serre, en investissant dans l’innovation de voitures électriques. Pionniers de la technologie hybride en 1997, ils sont fiers d’afficher un bilan d’une réduction de 58 millions de tonnes de CO2. A l’instar de Toyota, d’autres entreprises font le choix de respecter l’environnement et les territoires. C’est le cas de Dirk Van de Put, président­ directeur général de Mc Cain Foods Limited. Pour lui une bonne agriculture passe par un minimum d’ impact sur l’environnement et travail de long terme avec les agriculteurs.​ Ainsi, en Colombie, ils ont modernisé et formé des fermes et leurs propriétaires pour améliorer leur rendement et leur qualité de vie. ​L​’entreprise de Thomas Leyssen, Umicore, offre un modèle de transformation saisissant. Née de l’activité minière extra­polluante, elle est devenue, en moins de 20 ans, un des fleurons de la technologie de la transformation des minerais et des matériaux lourds. Depuis 1995, elle axe sa ligne de conduite sur un développement durable guidé par une stratégie d’éco-­efficience(=conjugue les bénéfices économiques et bénéfices écologiques).
Cette édition promet donc de faire “bivouaquer (la région) au bord de la planète”​selon les propres mots du président de la région Nord-­Pas-­de-­Calais, Daniel Percheron.
Rolland Camille