6D - Campus responsables

Face aux nouveaux défis de l'environnement, certains campus cherchent à s'insérer dans une action sociale et environnementale et font preuve d'un investissement sans bornes.
Les campus sont des infrastructures rassemblant des bâtiments, parcs, restaurants universitaires que des centaines d'étudiants et employés utilisent quotidiennement. Ils produisent des déchets et consomment de l'énergie. Des solutions sont donc envisagées pour inscrire ces universités dans une logique de développement durable.

Valentin Tappeser, co-fondateur de RootAbility, présente une entreprise sociale qui travaille dans la durabilité de l'enseignement supérieur avec la promotion du système «Green Office». Le but? Un réel impact et une vraie dynamique sur le développement durable au sein du campus. Le challenge est véritable: l'exemple est pris de petites associations étudiantes en manque de longévité et de supports institutionnels. RootAbility est donc une organisation qui supporte une dizaine de Green Offices dans plusieurs pays principalement en Europe du nord, comme au Danemark ou en Suède. Ils emploient une quarantaine d'étudiants salariés et leur budget total est de plus d'un demi million d'euros. Le but est principalement de s'intégrer à la structure de l'université et, grâce à la coopération, de permettre aux élèves partants de transmettre des projets et idées aux nouveaux arrivants pour qu'ils puissent continuer à les développer.
Par exemple, dans une des universités participantes, un outil de gestion des ordinateurs les éteint après quelques minutes d'inactivité à l'initiative du Green Office dans une optique d'économie d'énergie.

Le système des Green Offices n'est pas le seul en Europe, d'autres écoles se focalisent sur certains points particuliers afin de se montrer responsables. Certaines, telles que l'Université de Gothenburg en Suède, veillent aux émissions de CO2 et aux dangers climatiques. Cette même université utilise de l’électricité verte et moins d'énergies fossiles. Les voyages à l'international sont évités si possible et remplacés par des communications digitales. Il existe également une taxe pour les voyages reversée à un projet climat et durabilité en Inde. Des initiatives sur l'énergie, comme la pause de panneaux solaires sur les toits, ont été proposées et appliquées. Les projets, comme les « journées sans viande », les cours sur l'environnement ou encore les laboratoires vivants, sont très populaires et les étudiants y participent avec plaisir, en témoigne l'enthousiasme des participants à l'atelier « campus en transformation : étapes clés vers un campus responsable ». Lors de ce débat ponctué de « jeux de réflexion » beaucoup d'idées ont été relevées, choisies par ordre de priorité et des exemples ont été donnés afin de souligner qu'une action est déjà en marche et que le développement durable n'appartient pas au futur, mais au présent.

D'autres écoles, comme l'Institut Polytechnique La Salle à Beauvais, se focalisent surtout sur leur environnement direct. L’école se développe par la motivation du campus à être acteur dans un contexte socio-économique tout en tentant de nuire le moins possible à l'environnement.
Il se situe dans la ceinture verte de Beauvais, la biodiversité de cette zone est donc à surveiller, et des actions, comme « «campus piétons » et l'augmentation de l'accessibilité aux vélos, témoignent d'une belle coordination avec la ville et d'une volonté de réduction de la pollution.
L'axe d'alimentation durable lié à l'environnement est aussi travaillé, le campus possède en effet une ferme où le bio et le local sont promus.

Si à priori le coup matériel du projet peut sembler conséquent, la valeur ajoutée au campus, elle, n'a pas de prix.
Astrid GUDIN - ESPOL

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