5D - Repenser l'éducation, un défi majeur pour les entreprises

L'éducation aujourd'hui coûte très cher, prend beaucoup de temps, est ennuyeuse pour beaucoup, et n'est pas accessible , comme le résume Paul Kelley. Autour de lui, Denis Cheek, Vérone Mankou et Chalapathy Neti font leur diagnostic et proposent des traitements.
Il y a plus de 20 ans, les dirigeants politiques promettaient déjà l’éducation accessible à tous, ce qui n’est malheureusement toujours pas réalisé en 2014. On se confronte même aujourd’hui à une autre difficulté extrême pour les jeunes: celui de trouver du travail. Pourtant, il y a de nombreux postes non pourvus, en quête désespérée du profil adéquate. Ce qui revient à dire que des nouveaux métiers émergents ne trouvent pas encore la bonne qualification correspondante.
Chalapathy Neti compare la formation étudiante à une chaîne de montage, unique pour tout le monde. Quand à Denis Cheek, du réseau nord-américain National Creativity Network, constate que les étudiants ne savent pas travailler en équipe ni résoudre des problèmes nouveaux.

Vérone Mankou, le « Steve Jobs » de l’Afrique de 27 ans est à l’origine, avec son entreprise VMK (=Réveillez-vous!), de la vente révolutionnaire de tablettes très bon marché. Il explique qu’aux vues des faiblesses de l’éducation au Congo, il a dû lui-même former les ingénieurs de son entreprise, avec une crainte néanmoins qu’à l’issue de la formation, ils monnayent ces connaissances fraîchement acquises ailleurs. Chalapathy Neti, qui imagine la transformation de l’éducation au sein d’IBM, livre que son entreprise est en train de créer une académie où les stages opérationnels seraient imposés dès le début de la formation. Il est temps pour les entreprises de s’impliquer dans l’éducation et comprendre enfin que leur valeur dépend du nombre d’employés bien formés.


« Les prochains Steve Jobs, les prochains Bill Gates viendront de l’Afrique »

Un jour par hasard, Vérone Mankou feuillette le livre scolaire d’histoire-géographie d’une école africaine et découvre qu’il date de 1984. Le manuel parle encore de la Yougoslavie, de l’emprisonnement de Mandela. L’éducation passe d’abord par la connaissance et l’enjeu est d’éviter la censure ou une matière obsolète. C’est dans cette optique que l’entrepreneur de moins de 30 ans propose des tablettes pour 70 dollars. L’idée ? Que les étudiants possèdent des livres numériques toujours à jour. Chalapathy Neti insiste également sur les cours à distance en ligne, qui pourraient accomplir ce rêve d’une éducation universelle.

Paul Kelley, spécialiste des neurosciences propose un traitement plus scientifique. « Les jeunes de moins de 30 ans ne dorment pas assez et l’éducation n’offre pas assez de pauses ». A travers son expérience menée dans une école, il a constaté que quand les cours commençaient à 10 heures et que des pauses étaient proposées toutes les heures, les résultats étaient amplement meilleurs.
Un bon sujet à travailler ?


Marine SOUXDORF - ESPOL

5D- Défi formation et innovation