Financer la transition énergétique, pour une économie plus responsable, par Bruno Lechevin

 

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En signant l’Accord de Paris pour le climat fin 2015, les Etats ont adressé un signal politique fort appelant au changement de modèle énergétique. La transition vers un monde plus sobre en carbone n’est pas qu’une nécessité, c’est aussi un formidable levier d’activité, de croissance et d’emplois. 

Le financement de ces projets « bas carbone » qui feront les marchés de demain constitue certainement l’un des principaux défis à relever ces prochaines années.  L’enjeu étant  notamment de favoriser une dynamique de réallocation des capitaux des actifs fortement carbonés (les énergies fossiles notamment) vers les technologies et projets « bas-carbone ».

 

En d’autres termes, comment inciter les entreprises et institutions financières à mieux prendre en compte les objectifs climatiques – mais aussi les risques climatiques - dans leurs décisions d’investissement ?

La Loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte marque, à cet égard, une avancée inédite dans le monde, en introduisant l’obligation de transparence des investisseurs institutionnels français et des entreprises cotées sur l’impact de leurs décisions et de l’usage des biens et services qu’elles produisent pour le climat[2].  La dynamique ainsi générée devrait aussi stimuler le développement de méthodologies permettant de suivre l’allocation des financements vers les actifs contribuant à la transition « bas carbone ».

Plusieurs expériences pilotes sont d’ailleurs en cours,  on peut notamment citer celle de l’ADEME et de l’ONG britannique CDP (Carbon Disclosure Project),  qui, avec le projet ACT (Assessing low Carbon Transition) développent un cadre méthodologique  partagé au niveau mondial, et décliné par secteur d’activité, pour évaluer la cohérence des stratégies des entreprises avec une économie bas carbone. La Banque Européenne d’Investissement est partenaire de l’opération actuellement expérimentée par une trentaine d’entreprises françaises et étrangères des secteurs de l’électricité, de l’industrie automobile et de la grande distribution. La mise à disposition publique de la contribution de chaque entreprise au développement d’une économie bas carbone doit ainsi permettre aux investisseurs de favoriser le financement des entreprises vertueuses en termes de transition énergétique. 

 Si toutes ces démarches en sont encore à un stade précoce, elles témoignent qu’un véritable mouvement est amorcé, un mouvement qui engage tous les acteurs vers le monde de demain, un monde plus propre, plus sobre et plus responsable. 

     Par Bruno Lechevin, membre du comité d'Honneur qui contribue à l'institut Respeco.

 

[1] Article 173

[1] Voir l’étude de Novethic, déc 2015