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24B- Faire du plus avec moins: la force d’être ensemble

© Maxime Dufour Photographies

 

Léa Massare Di Duca, Sénamé Koffi Agbodjinou et Philippe Barre ont fait le pari de recréer les dynamiques des communautés locales. Dans un monde globalisé, comment laisser s’exprimer la passion créative individuelle? La réponse se trouve dans la création d’espaces de vies communs, terreau des dynamiques responsables. Le maître mot de ces actions est « espoir »: même s’il est trop tard, même si la mutation prend du temps, ces trois acteurs sont prêts à relever le défi et ont l’audace de réaliser leurs rêves.

 

Se préparer à demain  

« Il faut faire écho à notre humanité ». Voilà la note de poésie qui se jette dans l’océan d’un monde qui tend à déconstruire les structures locales. En reformant le collectif et en s’ouvrant à l’initiative individuelle de tous bords, nous pourrons faire face aux défis de demain. La magie est de rassembler des personnes qui viennent d’horizons différents, pour qu’ensemble on soit plus fort.

L’impératif est à la transformation des structures de la ville, lieu de l’individualité où le rassemblement local n’a plus sa place. La voix est donnée aux communautés locales pour qu’elles recréent des espaces de vie communs. Sénamé Koffi Agbodjinou prévient « Les villes africaines vont être le laboratoire de grands défis à relever ». Dans les prochaines décennies, la population africaine va augmenter de façon exponentielle: il faut se préparer. La réponse se trouve dans le collaboratif pour aller vers des fonctionnements partagés. Il a donc créé « FoodLab », magasin où les légumes qui remplissent les paniers ont poussé dans des espaces réhabilités en ville.

 

Le choix actif de l’inclusion

Dans cette perspective, la construction de demain doit se baser sur le local. Sénamé Koffi Agbodjinou a également imaginé un nouveau projet à venir: « sharing city », ville qui s’articule autour de l’évolution technologique. Il faut penser sur le long terme pour ne pas être désuet et cela passe par « l’invention de nouveaux lieux qui ont tous le contrat d’impacter le périmètre le plus proche ».

Les aspirations de Philippe Barre et Léa Massare Di Duca se concrétisent par l’aménagement d’un microcosme de la vie en communauté. Que ce soit « l’incubateur Darwin » à Bordeaux ou « l’écosystème Ponyride » à Détroit, l’espace est peuplé par des activités multiples et des personnalités diverses. Le projet « Wide Open » de Léa Massare Di Duca est la réponse à une urbanisation agressive. En dehors du lieu de travail et du domicile, il existerait des « tiers-lieux » où l’humain se connecterait au collectif. Le but: créer en dépensant moins, « la meilleure des énergies renouvelables c’est celle que l’on ne consomme pas ».

La dynamique de création de ces échanges est sans pareil. L’énergie mise en commun démultiplie la force d’action, ce qui explique le boom de fréquentation. Les habitués témoignent d’une ambiance saine, où l’on se sent plus heureux de vivre mieux.

Voilà une peinture aux milles couleurs de l’humanité, qui redonne espoir et enthousiasme à celles et ceux qui veulent s’engager dans un futur responsable.

 

Clémence Hervieu